Nouvelle campagne anti-tabac
Paru le 25 février 2010
L’association « Droits des Non-Fumeurs » a lancé le 22 février une campagne anti-tabac qui, trop choquante et violente, a été arrêtée le jeudi 25 février suite aux nombreuses réactions négatives.
La campagne imaginée par l’agence BDDP & Fils cherche à créer la prise de conscience que fumer n’est pas s’affranchir de l’autorité mais est au contraire un signe de soumission et de naïveté : soumission comportementale, psychologique et physique à une drogue addictive qui va contrôler leurs actes, souiller leur corps et même leur coûter cher.
La campagne a depuis fait le tour des médias... dont la Une du Parisien ce mardi : le quotidien a interrogé plusieurs responsables d'associations qui ne sont pas d'accord avec le message de cette publicité. "Mélanger l'addiction au tabac et le sexe est un raccourci ridicule et scandaleux", s'insurge-t-on chez Familles de France.
Sur Le Post.fr, le débat est houleux, entre pro et anti-tabac mais également entre ceux qui trouvent la campagne réussie et ceux qui s'en indignent.
"Cette campagne vous choque-t-elle ?" demandait le mardi 23 Jess dans un sondage. Résultat à 11h30: vous êtiez 31% à la trouver choquante et 22% à penser qu'elle devrait être interdite.
Certains s'interrogent sur la compréhension de ce message et son interprétation par la cible visée; et ils doutent du sens de la comparaison entre une dépendance mortelle et certaines pratiques sexuelles.
D'autres approuvent cette campagne en pensant que des images aussi choquantes peuvent amener les jeunes à réfléchir sur les dangers de la cigarette et la violation de leur corps.
Enfin la plupart trouvent le concept scandaleux : comment peut on exposer des images aussi explicites auprès d'une cible âgée de 13 à 18 ans, et comment relier un acte sexuel violent, voire pédophile à une cigarette?
Le professeur Bertrand Dautzenberg, professeur de pneumologie à l'hôpital Pitié Salpêtrière de Paris s’est élevé contre ces visuels en affirmant que : "Cette campagne tape à côté de la plaque et sera contre productive car les jeunes sont attirés par les produits addictifs comme par les expériences sexuelles" .
Il a, par contre salué l’efficacité du film vidéo de cette campagne qui montre le Comité de direction d’une entreprise cherchant une solution pour se débarrasser d’un stock de toxines de façon profitable. Ce spot tourné par Yvan Attal sur le thème : «Fumer, c'est servir de décharge aux pires produits toxiques» est à découvrir en cliquant ici.
La Secrétaire d’Etat à la famille, Nadine Morano, a demandé l’interdiction de cette publicité et plusieurs plaintes ont été déposées auprès de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité. Si l’objectif de l’agence de communication était de faire parler du libre arbitre par rapport au tabac en choquant , il est atteint ; mais on peut constater que l’efficacité de son message a été plus que contesté par les spécialistes de la lutte contre le tabac.
l'ARPP, l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité a demandé mercredi 24 février la cessation totale de cette campagne ainsi que le retrait des affiches déjà diffusées, jugeant que cette campagne était "de nature à choquer gravement une partie du public".[...] "Les visuels utilisés suggérant des scènes d'agression sexuelle, cette campagne les banalise, tout en proposant à un jeune public un message très ambigu".
jeudi 25 février l'association des Droits des Non-Fumeurs (DNF) a annoncé la cessation immédiate de cette campagne et le retrait des 15 000 cartes postales. En revanche, la vidéo continuera d'être diffusée et connaît un large succès.
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