Université, ça bouge le 1er janvier…

Paru le 02 janvier 2009

La loi Pécresse concernant l’autonomie des universités, entre en application ce 1er janvier pour 20 des 85 universités françaises concernées. Revenons sur cette réforme et les réels changements qu’elle va apporter.

La loi LRU, pour Liberté et Responsabilité des Universités, fût adoptée en août 2007 et a connu plusieurs modifications par la ministre Valérie Pécresse, dû aux nombreuses manifestations allant à l’encontre de la réforme.

Et concernant les changements ?

La loi LRU ne va pour ainsi dire rien changer dans l’immédiat pour les étudiants. Le réel changement intervient au niveau de la présidence des universités ainsi que pour le corps enseignants, où l’on parle là de « révolution ».

  • Les Universités maître de leur budget : Les universités qui jusqu’à présent ne pouvaient gérer qu’environ 25% de leur budget, se verront prendre le contrôle de 100% de ce dernier, ce qui signifie qu’ils géreront la masse salariale.
  • Vers une privatisation des fonds : Les universités pourront faire appel à des fonds privés pour alimenter ce budget, certaines ayant déjà recruté des spécialistes de levée de fonds. Ce point est le plus controverser de la réforme, en effet, syndicats d’enseignants et organisations étudiantes voient un risque de « privatisation » des universités qui pourront alors choisir de n’investir que dans les filières qu’elles jugeront les plus rentables… au détriment des autres…
    Chacun des établissements recevra de l’Etat une enveloppe de 250 000 € afin d’accompagner au mieux la transition qui s’annonce. 200 000 pour financer les formations et 50 000 destinés aux primes au personnel investis dans la transition, apportée par la loi LRU.
  • Plus de pouvoirs aux présidents : Les présidents des universités ont désormais plus de pouvoir ! Elu par les enseignants chercheurs du conseil d’administration pour un mandat de 4 ans renouvelable 1 fois, ils ne sont plus dans l’obligation de référer à l’Etat les changements et décisions concernant la titularisation, la délégation, le détachement ou l’avancement du personnel. Ainsi les présidents ont la possibilité d’embaucher du personnel en CDD ou CDI aussi bien enseignant, technique ou administratif, y compris des enseignants étrangers, à un salaire attractif pour eux. Ils pourront également distribuer des primes au mérite et ont un droit de veto sur le recrutement des enseignants.
  • Le conseil d’administration restreint : Enfin le dernier changement principal intervient au niveau du conseil d’administration, qui joue un rôle majeur dans les procédures décisionnelles de l’université. Ce dernier se voit en effet restreint en termes d’effectif de 50 à 70% pour arriver à environ 20 à 30 personnes, avec notamment moins de représentant des étudiants (baisse d’environ 70%) et de représentants du personnel technique et administratif (environ 50%). Ce dernier changement a, lui, déjà pris effet depuis l’été dernier afin de mieux coller à la réforme LRU. Ce qu’il faut noter également c’est ce que les anti-LRU ont apporté à ce point de la loi : le système d’élection a changé, la liste arrivant en tête obtient désormais 50% des sièges plus une voix, ainsi nombre de présidents ont vu leur opposition interne renforcée au conseil d’administration.

Quelles universités et quand ?

Ce 1er janvier, c’est 20 universités qui vont donc connaître ce changement radical dont voici la liste :

Aix-Marseille 2, Cergy-Pontoise, Clermont-Ferrand 1, Corte, Limoges, Lyon 1, Marne-la-Vallée, Montpellier 1, Mulhouse, Nancy 1, Paris 5, Paris 6, Paris 7, La Rochelle, Saint-Etienne, Toulouse 1, l’université technologiques de Troyes et l’université unique de Strasbourg (au 1er janvier Strasbourg 1, 2 et 3 seront regroupées).

Et d’ici à 2012, les 85 universités françaises auront toutes adopté la loi LRU.

Cas particulier : Les IUT

Leur budget était issu, auparavant, de l’Etat, avec la réforme ce sont les présidents d’universités qui leur alloueront un certains montant, or, actuellement mieux dotés que les licences car plus professionnalisants, ces derniers craignent d’être laissés pour compte, c’est d’ailleurs la raison de leurs grèves cet automne où ils demandent à la ministre un contrat de garantie national entre universités et IUT.


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