Le langage
Ce qu’il faut retenir pour le BAC
1) Le langage et les choses : La structure du langage révèle la structure de la réalité (Platon, Aristote). Ainsi, si nous possédons un mot unique qui s’applique à plusieurs choses singulières (ex : « beau »), c’est qu’existe une idée (pour Platon, une idée est un être réel) auquel participent toutes ces choses. Quant au fait que certains mots, les substantifs, désignent quelque chose lorsqu’ils sont proférés seul (ex : « Aristote ») tandis que d’autres, les adjectifs, verbes, etc. non (ex : « grand »), cela prouve la priorité ontologique des substances sur les qualités et actes.
2) Le langage, un instrument de la pensée : Il est possible de considérer le langage comme pur vecteur de la pensée. Les mots peuvent ainsi être définis comme des signes des idées (Locke) résidant dans l’esprit, signes dont la communication permet la vie en société. Il est également possible que l’origine du langage réside dans la nécessité d’exprimer les passions (amour, haine, etc.), le langage étant ainsi primitivement composé de cris, de plaintes, etc. On peut aussi souligner les dangers que représente l’usage du langage (Berkeley) en insistant sur sa puissance de généralisation qui conduit à prendre les idées abstraites (ex : le « rouge ») pour des idées concrètes. Ceci peut conduire à désire réformer le langage, à pallier à son imperfection en inventant un langage universel fonctionnant dont l’usage repose sur un calcul rationnel (Leibniz).
3) Le langage, condition de la pensée et de la culture : On peut penser qu’il n’y pas de pensée sans langage, si la pensée n’est que l’extériorisation de quelque chose qui, tant qu’il reste purement intérieur, demeure indéterminé (Hegel). On peut également affirmer que les catégories du langage, la « métaphysique de la grammaire », dominent la pensée, et que l’homme est condamné à répéter les mêmes erreurs, à propager les mêmes illusions tant qu’il croira au langage (Nietzsche). Il est aussi possible de remettre en cause le statut instrumental du langage métaphysique (et usuel), sa fonction de représentation objective des choses, et se confier dès lors au langage poétique qui n’est pas un langage dont dispose l’homme mais qui au contraire, dispose de l’homme (Heidegger). Cette reconnaissance des pouvoirs du langage sur la pensée s’étend à la culture dans son intégralité. Le langage permet à l’homme de construire un monde conceptuellement structuré à l’intérieur duquel prennent place ses activités (Von Humboldt). Plus généralement, si le langage se réalise toujours dans une langue singulière et si toute culture en tant que système régi par des codes, nécessite le langage, il est alors possible d’identifier langage et culture (Benvéniste).
4) Le langage comme fondement : A partir du moment où l’on ne considère plus le langage comme un moyen en vue d’une fin (la communication des pensées), il devient intéressant d’étudier sa réalisation dans des langues singulières. Tel est l’objet de la linguistique. Celle-ci prétend expliquer la langue en elle-même, comme système ou structure, c’est-à-dire indépendamment des choses extérieures, de la subjectivité du locuteur, etc. La langue peut alors être définie comme un système de différences entre signes linguistiques (ceux-ci n’ayant pas par eux-mêmes d’essence propre), système possédant ses propres lois d’organisation et de transformation (Saussure). Cette conception de la structure peut valoir dans d’autres champs des sciences humaines : l’inconscient psychanalytique est dit structuré comme un langage (Lacan) ; les processus culturels renvoient à une structure sous-jacente et inconsciente, irréductible donc aux représentations que s’en font les acteurs (Lévi-Strauss).Étudier le langage, ce peut être aussi manifester la multiplicité des jeux de langage qui le composent, chacun d'eux possédant ses propres règles, ses possibilités : le jeu de langage de l’ordre par exemple diffère de celui du souhait (Wittgenstein). On peut enfin insister sur la dimension performative du langage en montrant que certaines énonciations, telles que « Je vous marie », sont en elles-mêmes des actes (Austin).
D'après www.maphilo.net
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