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Le désir

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Le désir

 

Ce qu’il faut retenir pour le BAC


1) Le désir et le corps : Pour Platon, la seule chose qui doit être désirée est la vérité. Mais ce désir s’oppose aux désirs sensibles, trouvant leur source dans l’union de l’âme et du corps. C’est pourquoi la contemplation des Idées exige de se séparer du corps, des impressions sensibles.

2) Les morales du désir : Selon Épicure, il est nécessaire de distinguer les désirs naturels des désirs vains. Plus généralement, c’est par la connaissance des différentes catégories du désir que l’homme sera en mesure de maximiser ses plaisirs et minimiser ses souffrances. Pour les stoïciens, il faut distinguer les choses qui dépendent de nous et celles qui ne dépendent pas de nous (comme la santé) et ne désirer que les premières. En ne désirant que ce qui est en notre pouvoir, nous ne risquons plus de voir nos aspirations contrariées.

3) La critique de la condamnation du désir :
Selon Nietzsche, les morales qui exigent que les désirs soient maîtrisés, contenus, sont nihilistes en ce sens qu’elles déprécient la vie sensible, s’oppose à son expansion. Vouloir épargner à l’homme les souffrances, c’est le condamner à ne ressentir jamais aucun plaisir.

4) Principe de plaisir et principe de réalité :
Pour Freud, la pulsion sexuelle, la libido est la source des désirs qui cherchent à s’affirmer sans détours. Mais la réalité impose sa nécessité et ce sont les pulsions du moi, visant à la conservation de ce dernier qui conduisent à refuser ou différer certains plaisirs dangereux et à accepter certaines souffrances.

5) Désir et altérité :
Selon Lacan, le désir est un manque originel s’opposant au besoin sur lequel l’homme possède une maîtrise. C’est alors à l’autre qu’il est fait appel pour combler ce « vide d’être », mais cette demande ne peut être satisfaite car l’autre est nécessairement affecté du même manque. Hegel quant à lui affirme la dépendance du désir et de la reconnaissance en posant que le désir est désir d’être l’objet du désir de l’autre. Sartre enfin montre que le désir sexuel est la tentative toujours échouée pour réduire l’autre qui est conscience, subjectivité, à l’état d’objet.

6) Le désir comme essence de l’homme : Pour Spinoza, le désir (ou plus généralement le conatus comme effort pour persévérer dans son être) est la nature de l’homme. La valeur des choses n’existe pas « en soi » : c’est parce qu’elles sont désirées que les choses sont jugées bonnes, non l’inverse. De plus, une raison qui ne s’appuierait pas sur le désir serait profondément impuissante. C’est au cœur même du désir que peut prendre place une morale ou une éthique. Aux passions, il faut substituer des affects actifs : le désir devient ainsi affirmation de soi.

7) Désir, manque et besoin :
Deleuze et Guattari critiquent la conception du désir comme manque absolu, comme fantasme du réel, conception que promeut la psychanalyse qui fait de l’inconscient un théâtre. L’inconscient est bien plutôt une usine productrice de désirs, façonnant et agençant le réel. Bataille quant à lui montre que le désir ne répond pas seulement à une logique du besoin, de la conservation de la vie mais également à une logique de la dépense, de la perte. Dans ces deux exemples, c’est le besoin qui dérive du désir et non l’inverse.

D'après : http://www.maphilo.net

 

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