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La croissance

La croissance



Etymologie : du latin crescere, croître, grandir.

En économie, la croissance désigne l'évolution annuelle, exprimée en pourcentage, du P.I.B. (Produit intérieur brut) ou du P.N.B. (Produit national brut). Pour éviter le problème dû à l'augmentation des prix, la croissance est calculée en "monnaie constante" (hors inflation), le P.I.B. étant corrigé de l'augmentation de l'indice des prix. Ceci permet de calculer une croissance en volume.
Une croissance du PIB n'implique pas nécessairement une élévation du niveau de vie. En effet, si la croissance démographique est plus rapide que la croissance du PIB, le PIB par habitant diminue. En outre, certaines activités ne sont pas prises en compte dans son calcul : voir "les limites du PIB".

D'une manière plus générale, la croissance correspond, pour une nation, à une augmentation soutenue et durable - pendant une période suffisamment longue - de la production de biens et de services appréhendée par des indicateurs comme le PIB ou le PNB. Cependant, n'étant qu'une mesure quantitative d'un agrégat économique, la croissance n'est qu'une des composantes du développement qui est une notion plus abstraite et qualitative. Il peut donc y avoir croissance sans développement et inversement du développement sans croissance.

La croissance
telle qu'on la définit et qu'on la mesure aujourd'hui est un phénomène relativement récent à l'échelle de l'humanité qui peut être daté du début de l'industrialisation.

Les dernières décennies ont vu se succéder une série de cycles de croissance soutenue et de récession ou de faible croissance :
- croissance des années 1919-1929
- récession des années 1930
- forte croissance de l'après-guerre : les "30 glorieuses"
- ralentissement après le choc pétrolier de 1973
- forte croissance des années 1980-1990
- ralentissement de 1992 à 1997 après la première guerre du Golfe
- reprise de la croissance de 1997 à 2001 (attentat du 11 septembre)

Les théories de la croissance ont connu trois grandes phases de développement :

- Tout d'abord, les travaux de Harrod (1948) et Domar (1947) : la première conclusion du modèle avance que l'investissement est proportionnel au stock de capital, ce qui détermine le taux tendanciel de croissance, à la fois du capital et de la production. Ce taux de croissance est le produit du taux d'investissement (ratio investissement/production) par la productivité moyenne du capital (ratio production/capital).

Mais l'observation de l'économie réelle aurait dû montrer des alternances de périodes d'accroissement ou de chute du taux de chômage ou encore de l'utilisation des capacités de production, ce qui n'a pas été le cas. De plus, si l'on suit les conclusions du modèle, il suffit d'augmenter le volume d'investissements pour augmenter son taux de croissance industrielle de long terme. On peut se demander alors pourquoi si peu de pays ont trouvé la route d'une croissance rapide.

- La réponse néo-classique
à ce problème fut de considérer la productivité moyenne du capital comme endogène, (variable déterminée "à l'intérieur" du modèle, et donc étant la cause d'une variable exogène ) et donc de même le gain annuel de productivité du travail et également l'intensité capitalistique. Le progrès technique est considéré comme exogène, (le "résidu de Solow"), alors que l'activité économique utilise des ressources précieuses dans la recherche de l'innovation, avec les brevets, et qu'on peut imaginer que cela correspond à un progrès technique effectif. C'est autour de cette définition du progrès technique que se développe la troisième phase de recherche.

- Un des aspects essentiels des nouvelles théories de la croissance est l'hypothèse de rendement constant du capital. La première démarche théorique fut d'abandonner définiti-vement l'hypothèse des rendements décroissants du capital. Ce dernier est alors perçu comme "l'ensemble exhaustif des facteurs de production susceptibles d'être accumulés" (capital humain, stock de connaissances). De plus, le renouveau des théories de la croissance repose sur une nouvelle façon de considérer l'origine et le rôle du progrès technique, qui n'est plus exogène, inexpliqué, mais bien une variable économique qui renvoie à des comportements et des grandeurs macro-économiques.

Les premiers articles sont de P.Romer (1986) et R.Lucas (1988) : la théorie de la croissance endogène est née. L'ambition d'une telle théorie est de rendre compte du facteur A qui, dans les théories traditionnelles, représentait le niveau technologique.( Y= f(K,L,A)).

Un premier groupe de travaux,
à la suite de Romer (1986), cherche le moteur de la croissance dans le phénomène d'apprentissage par l'expérience ( "learning by doing" ), à l'intérieur des entreprises.

Une deuxième est ouverte par Lucas (1988), et privilégie l'accumulation de capital humain au sein du système éducatif.

Enfin, Romer (1990) et Aghion-Howitt (1992)
font de A un stock d'innovations, produit d'une activité volontaire de recherche-développement.


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