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La monarchie absolue (2)
La monarchie absolue (2)
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Date de parution : 06/03/2008
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La monarchie absolue (2)
II. LES IDEES NOUVELLES AU XVIIIème siècle.
A la suite de la révolution scientifique et technique du XVIIIºs., deux philosophes d'Alembert et Diderot décide, en 1751, de consigner tous les savoirs dans "dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers".
C'est l'Encyclopédie, éloge du savoir. Elle est à la fois une histoire des connaissances et un état des connaissances au milieu du XVIIIºs. D'Alembert et Diderot s'entourent de plus de 250 collaborateurs et attirent 3500 souscripteurs.
A/ La philosophie des Lumières
1) Raison, Nature, Progrès
La source de cette philosophie se trouve chez Descartes et chez l'anglais Locke. Les philosophes du XVIIIºs. ont une foi absolue dans la raison (l'intelligence humaine). La nature est source infinie de justice et de bonté. Ils croient au progrès indéfini de l'humanité vers le bonheur.
Cette notion de bonheur attire la bourgeoisie. La mort comme la vie est considérée naturelle ce qui entraine un conflit avec l'église.
2) Une philosophie engagée pour son temps
Dans le domaine économique :
Les idées nouvelles viennent des physiocrates (voir châpitre I).
Dans le domaine religieux :
Les philosophes se proclament déistes mais rejettent toute révélation. Diderot va jusqu'à l'athéisme. Tous condamnent l'intolérance de l'Eglise (Voltaire surtout). La morale doit être naturelle et fondée sur le souci d'aider autrui et non sur la crainte du péché.
Dans le domaine politique :
Tous rejettent l'absolutisme.
- Montesquieu, dans l'"Esprit des Lois" et les "Lettres Persannes", préconise une monarchie constitutionnelle.
- Voltaire apparait favorable à un despotisme éclairé de type prussien ou autrichien.
- Rousseau, dans "Emile ou Du Contrat Social" en 1762, émet le projet d'un état démocratique où tous les citoyens seraient égaux.
La critique religieuse et politique, qui va dans le sens des souhaits de la bourgeoisie, devient très vite un levier révolutionnaire.
Il est évident que si la philosophie des lumières ne suffit pas à expliquer la Révolution de 1789, c'est elle qui en inspire les grands principes : libertés individuelles, droits de l'Homme, souveraineté nationale, égalité, progrès...
La mise en place d'une monarchie parlementaire en 1688 en Angleterre et la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique en 1776, peuvent être considérées aussi comme des signes précurseurs de la Révolution Française.
B/ La volonté de réforme
Sous l'impulsion de la philosophie des Lumières, surgit, dans la seconde moitié du XVIIºs, une volonté de réforme.
1) La volonté de réforme politique
Grâce à la multiplication des livres, des journaux et des affiches, les idées nouvelles se répandent.
La noblesse qui n'entend pas renoncer à ses privilèges, espère contraindre le roi à partager le pouvoir avec elle.(cf. Montesquieu : De l'Esprit des Lois)
La bourgeoisie est sensible aux idées de Voltaire, grand défenseur des libertés politiques et individuelles et adversaire de l'aristocartie et d'une éventuelle "souveraineté du peuple".
Aristocrates et bourgeois s'accordent pour dénoncer l'absolutisme, pour nier tout droit au peuple et pour réclamer unne monarchie parlementaire sur le style anglais. Mais la fusion des deux groupes est impossible. La bourgeoisie constitue une force révolutionnaire.
Les classes populaires des villes et des campagnes ne sont pas trop touchées par les idées nouvelles mais tous aspirent à plus d'égalité. C'est J.J. Rousseau, issu lui-même du peuple, qui défend les intérêts des déshérités. Il n'hésite pas à parler de souveraineté du peuple, de démocratie et va même jusqu'à mettre en cause la propriété.
2) La volonté de réforme économique
La Monarchie française connait de grosses difficultés financières (inflation et augmentation des dépenses : frais de cour et grands travaux, routes, urbanisme...).
Il faut donc trouver de l'argent. D'où l'idée d'augmenter le nombre des contribuables. Les privilégiés sont-ils prêts à accepter de sauver les finances du royaume ?
La volonté de réforme dresse l'ensemble de la société contre la monarchie. Elle oppose les privilégiés attachés à leurs avantages fiscaux au Roi et au Tiers Etat qui est partisan de l'égalité devant l'impôt.
III. LA CRISE DE L'ANCIEN REGIME ET LA CONVOCATION DES ETATS-GENERAUX
L'opposition de la bourgeoisie et les difficultés économiques précipitent la crise de la monarchie.
A/ La crise de la monarchie absolue
1) La bourgeoisie remet en cause l'absolutisme
Après la mort de Louis XIV en 1715, les difficultés s'aggravent. La bourgeoisie exige de participer au pouvoir pour le rôle actif qu'elle joue dans la société.
2) La crise économique
Le royaume s'est engagé auprès des E.U. contre les anglais (1778) dans la guerre d'indépendance. Les dépenses militaires s'alourdissent d'autant plus que sévit une crise économique.
De 1776 à 1787, les prix agricoles ne cessent de baisser entrainant la ruine des campagnes. 1788 et 1789 enregistrent deux mauvaises récoltes. Le prix du pain augmente. Durant l'hiver 88/89, la misère se développe. Le chômage et les faillites se multiplient.
La concurrence de l'Angleterre (plus développée) entraine des difficultés pour les manufactures, le commerce et l'artisanat.
Le système financier craque. Les impôts rentrent mal. Les fermiers généraux détournent une partie importante des recettes.
Le manque d'énergie des souverains (Louis XVI surtout) et l'opposition des privilégiés bloquent toute tentative de réforme.
B/ Les tentatives de réformes et leur échec
1) L'échec des réformes judiciaires
Les parlements composés de nobles, grands propriétaires fonciers constituent la principale opposition à l'absolutisme.
En février 1771, Louis XV supprime les parlements. Mais à sa mort en 1774, Louis XVI, roi faible s'il en est, les rétablit pour calmer les mécontentements.
Les Parlements et les Etats Provinciaux organisent la résistance contre les réformes.
2) L'impossible réforme fiscale
C'est la principale revendication des paysans.
Avec la baisse des rentes royales, les nobles augmentent les redevances seigneuriales.
Turgot et Calonne, deux contrôleurs des finances, tentent des réformes, mais ils sont renvoyés.
L'opposition des privilégiés aboutit au déclenchement de la révolution aristocratique.
C/ La révolution aristocratique
1) La réaction nobiliaire
En février 1787, la Monarchie convoque une assemblée de notables afin de leur faire approuver des réformes fiscales. Cette convocation doit être interprétée comme une capitulation de la monarchie qui ne sait pas imposer sa volonté.
L'opposition des notables est relayée par celle des Parlements. Celui de Paris réclame la convation des Etats Généraux. Mais il échoue (aôut 1787).
Mai 1788, le Parlement de Paris par la Déclaration des Lois Fondamentales du Royaume rapelle que l'impôt ne peut être voté que par les Etats Généraux et que les privilèges sont inviolables. Le roi suprime de nouveau les parlements déclenchant ainsi la révolution aristocratique.
2) La Révolution aristocratique et la convocation des Etats Généraux
Contre le supression des Parlements, se développe la résistance en province par l'intermédiaire des Etats Provinciaux où l'aristocratie entraine dans son sillage la noblesse libérale et la grande bourgeoisie.
Son objectif : empêcher l'installation de nouveaux tribunaux, faire la grève de la justice, provoquer des troubles, demander la convocation des Etats Généraux.
A partir de juin 1788, les manifestations se multiplient, tournant parfois à l'insurrection (Toulouse, Pau, Grenoble).
Le trésor royal est vide. L'armée est peu sûre car aux mains de nobles la plupart hostiles. La monarchie capitule et convoque les Etats Généraux pour le 1er mai 1789 et la tentative de réforme qui avait provoqué la révolte est abolie et les parlements rétablis.
La campagne électorale est lancée. Sur appel du roi, chaque ordre doit rédiger des cahiers de doléances qui seront amenés aux Etats Généraux par les députés élus. Plus de 40 000 cahiers sont rédigés.
Pour la première fois au monde, tout un peuple prend la parole.
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