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L'Allemagne

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Histoire-géographie
bac terminale S : fiches de révision
Ed. Bordas
Date de parution : 28/07/2011

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L'Allemagne en Europe et dans le monde


Introduction

En 1990, après la chute du mur de Berlin, la RFA et la RDA sont rassemblées en un seul État de 356980 km² et de 82 millions d’habitants. Située au cœur de l’Europe, l’Allemagne occupe une place privilégiée. Proche des anciens États de l’Est, traversée par des grands fleuves internationaux, ouverte sur la Baltique et la mer du Nord, elle est à même de capter les échanges Est-Ouest. La réunification bouleverse les anciennes données économiques et géopolitiques de cet espace : l’Allemagne doit gérer la réorganisation de son territoire tout en consolidant sa puissance. Nous étudierons d’abord la puissance économique allemande au niveau mondial, puis la place et le rôle de l’Allemagne en Europe avant de présenter les défis intérieurs auxquels se trouve confrontée l’Allemagne réunifiée.

L’Allemagne est la troisième puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis et le Japon. La puissance économique de l’Allemagne est le produit de son dynamisme industriel, commercial et financier.

A. Une puissance industrielle

L’industrie fournit 39 % du PIB allemand et emploie 40 % de la population active. Parmi les pays développés, l’Allemagne est celui où la part de la population active travaillant dans le secteur secondaire est la plus élevée (d’ailleurs, la réunification a temporairement élevé ce taux ; d’autre part, si l’on considère que les groupes industriels allemands conservent dans leurs structures des emplois tertiaires, comme par exemple des départements juridiques, le pourcentage de la population active ayant effectivement une activité industrielle tomberait aux alentours de 20%).
• Les points forts traditionnels de l’industrie allemande sont les biens d’équipement, l’électronique, la chimie et la construction mécanique : l’Allemagne est aujourd’hui le premier exportateur mondial de produits chimiques. Elle occupe le troisième rang mondial pour les productions d’automobiles (premier producteur en Europe, troisième au monde derrière les Etats-Unis et le Japon ; l’Allemagne exporte près de 60% de sa production) et de médicaments (depuis le début du siècle pour ce dernier domaine : c’est en Allemagne qu’est découverte l’aspirine en 1899).
Il existe cependant des branches en déclin (le textile s’est complètement effondré dès la fin des années 1970). Dans une moindre mesure, le pays n’a pu conserver sa première place dans le domaine de la machine-outil, bien que cette activité occupe la première place dans le nombre d’actifs industriels (cette régression est due à la concurrence du Japon, qui fabrique des produits moins coûteux et qui envahit le marché européen et américain). On peut également évoquer la crise de la sidérurgie et les difficultés de l’industrie navale, concurrencée par les pays asiatiques. Dans ce dernier domaine, la réunification a entraîné de brutales restructurations dans les chantiers de l’Est (moins de 10 000 emplois subsistent aujourd’hui).
• Chaque branche est dominée par des Konzerns : Siemens (électronique, matériel électrique, plus de 370 000 employés), Daimler-Benz (automobile, aéronautique, plus de 310 000 employés), BASF (chimie, pharmacie, plus de 100 000 employés), Volkswagen (première firme allemande par son chiffre d’affaires : plus de 100 000 milliards de DM), Thyssen (sidérurgie, métallurgie), Bosch (électronique)...
A l’étranger, on connaît surtout ces grands groupes. Mais un tissu dense de PME dynamiques (le « Mittelstand ») assure la moitié de la production industrielle et représente 60 % des emplois du secteur. L’Allemagne possède plus de 13 000 PME (entre 100 et 1 000 employés).
L’efficacité de l’industrie allemande repose sur une ancienne et solide tradition de capitalisme productif, un secteur Recherche-Développement performant et une formation professionnelle de qualité. Cependant, on peut nuancer : le coût du travail, plus fort que dans la plupart des autres pays européens est un frein à la compétitivité de l’économie allemande.
• D’autre part, une part croissante de la production est délocalisée : par exemple, un véhicule sur trois est fabriqué à l’étranger (Etats-Unis, Brésil et Asie du Sud-Est, pays de l’Est). Ainsi, Volkswagen a installé des usines près de Poznan, en Pologne, qui produisent 250 véhicules par jour à destination de la Russie, de l’Ukraine et du marché allemand.
Au total, l’industrie joue un rôle moteur dans l’économie allemande.

B. Une puissance commerciale

Un tiers de la population active travaille pour l’exportation. Les exportations allemandes représentent 10% du commerce mondial.
• Avec 11 % des échanges mondiaux, l’Allemagne est la deuxième puissance exportatrice. En 1995, les exportations représentaient 22 % du PIB allemand. Ces exportations sont presque essentiellement réalisées par les firmes ouest-allemandes (elles ont acheté les entreprises de l’ex-RDA, ce qui fait que la part des nouveaux Länder dans les exportations est à peu près nulle).
L’étude de la composition des exportations montre la part écrasante des produits manufacturés. Elles sont principalement constituées par les biens d’équipement (machines et véhicules représentent près de la moitié des exportations) et les produits chimiques (13,5%). Un quart des machines vendues dans le monde est fabriqué en Allemagne.  La nature des exportations révèle bien le développement de l’économie allemande.
L’Allemagne est déficitaire pour certains biens de consommation (confection et quelques produits finis), ainsi que pour la production agro-alimentaire et les matières premières énergétiques et minérales (l’Allemagne en possède peu).
• La répartition des exportations allemandes privilégie les pays développés (en effet, l’Allemagne exporte principalement des produits manufacturés à forte valeur ajoutée). Parmi les partenaires commerciaux, l’Union européenne occupe la première place (7 pays de l’UE sur les dix premiers partenaires de l’Allemagne). La France est le principal client et fournisseur de l’Allemagne. Viennent ensuite l’Italie, les Pays-Bas et les Etats-Unis, puis le Royaume-Uni (le Japon est 9e). Les échanges avec l’Asie ont été multipliés par deux mais ils restent faibles. Ils se développent par ailleurs avec les pays d’Europe centrale et orientale. Seuls 2 % des échanges sont réalisés avec l ’Afrique.
• La balance commerciale présente un solde positif depuis de nombreuses années. Elle illustre la compétitivité des produits allemands. Cependant l’excédent s’est réduit entre 1989 et 1991, l’équilibre est de plus en plus difficile à maintenir en raison d’une forte demande intérieure de la part de l’ex-RDA. Pourtant, l’excédent commercial augmente à nouveau depuis 1992 (plus de 90 milliards de DM en 1996.
Le commerce extérieur est déséquilibré au profit des pays industrialisés développés.

C. Une puissance financière

Le Deutschmark et le dynamisme économique sont les supports de la puissance financière allemande.
• Le Deutschmark est l’une des monnaies les plus fortes du monde. Il est la deuxième monnaie de réserve (15% des réserves des pays industrialisés) et de change après le dollar. 20% des transactions commerciales dans le monde se font dans cette monnaie. Il est également la monnaie de référence du Système Monétaire Européen. Enfin, la Russie et les pays de l’Est utilisent de plus en plus le DM pour leurs échanges et s’endettent auprès des banques allemandes. Cela explique pourquoi beaucoup d’Allemands acceptent mal la disparition du DM  dans le cadre de la monnaie unique européenne.
• Francfort, capitale financière de l’Allemagne, est une place boursière internationale. Elle est également le siège de la banque fédérale, la Bundesbank : celle-ci veille sur la stabilité du mark et ses décisions ont une influence internationale. « Tous les Allemands ne croient pas en Dieu, mais tous croient à la Bundesbank » (Jacques Delors, 1992). Les décisions de la « Buba » en matière de construction européenne se sont imposées aux autres banques (choix de Francfort pour la banque européenne d’émission de la monnaie, choix de l’Euro à la place de l’Ecu, critères d’admission à la nouvelle monnaie, sans compter des mesures particulières ressemblant fort à du protectionnisme, comme par exemple cette loi sur la »pureté de la bière »).
• l’Allemagne est la deuxième puissance pour les exportations nettes de capitaux. Les investissements directs et indirects de l’Allemagne représentent plus de 350 milliards de DM par an. Les investissements directs allemands à l’étranger se dirigent pour la moitié vers l’Europe de l’Ouest.  Mais les grandes firmes s’implantent également au Brésil, au Mexique, aux États-Unis.
L’Allemagne est la quatrième place financière du monde.
En 1945, l’Allemagne était ruinée par la guerre et la défaite. Elle est devenue un géant économique dont le dynamisme ne cesse d’étonner ; mais son rôle diplomatique est encore faible.

 

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