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Révision Bac - La coexistence Pacifique (1963-1973) - Fiche Histoire - Term S

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Histoire-géographie
Bac terminale S : fiches de révision
Ed. Bordas
Date de parution : 28/01/2011

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La coéxistence Pacifique (1963-1973)



L'affrontement des grandes puissances et la dissolution des blocs (1963-1973) : 1ère partie

Après la construction du mur de Berlin et surtout après la crise de Cuba, les deux supergrands prennent conscience de la nécessité d’entamer un dialogue car un conflit engendrerait la disparition de l’espèce humaine vu les arsenaux nucléaires qu’ils possèdent. Ainsi donc les deux blocs cherchent à limiter la course aux armements et amorcent une coopération commerciale. Certains parlent déjà de Détente, mais les nombreux conflits périphériques qui jalonnent encore toute cette période, ne démontraient-ils pas la poursuite de l'affrontement entre l'est et l'ouest ?

I. Les manifestations de la coexistence pacifique

A. L’arrêt relatif de la course aux armements

- Les raisons conduisant aux limitations des armements
La crise de Cuba a montré comment un conflit pourrait dégénérer en une guerre nucléaire. Conscients du danger, les EUA et l’URSS ont mis en place le "téléphone rouge" (ligne directe de telex). D’autre part, l’effort des deux supergrands pour maintenir l’équilibre de la terreur est de plus en plus coûteux, car à l’arsenal des bombes A et H, aux sous-marins lance-missiles et aux fusées, viennent s’ajouter toute la panoplie des missiles et anti-missiles. Les dépenses sont donc considérables dans les deux camps, d’où une convergence d’intérêts pour réduire les frais d’armement et pour maintenir la paix mondiale.

- Les accords conclus sur le armes nucléaires dans les années 60
• 1963 : Traité de Moscou interdisant les expériences nucléaires dans l’atmosphère (100 pays signent sauf la France et la Chine qui sont entrain de mettre au point leur propre bombe)
• 1967 : Traité sur la dénucléarisation des fonds marins et de l’espace cosmique (accord qui devient caduque par la suite avec le projet de "Guerre des étoiles" de Reagan).
• 1968 : Traité sur la non-prolifération de l’arme nucléaire. Refus de la France, de la Chine et de l’Inde.

- Les accords SALT
En 1968, s’engagent des négociations sur la limitation des armes stratégiques (Strategic Arms Limitations Talks - SALT). Après de longs pourparlers, 4 ans, Brejnev et Nixon signent le 26 mai 1972, les accords SALT I. Ils reconnaissent l’égalité en capacité de destruction réciproque et "gèlent" en partie les armements stratégiques.
Dès 1973, s’ouvre des négociations SALT II, en raison de l’apparition de nouvelles armes n’entrant pas dans les catégories définies par SALT I (engins sol-sol, armes chimiques et bombe à neutrons). Les négociations aboutissent en 1979 à la signature des accords SALT II. Pour ce qui concerne les EUA, le Sénat refuse de ratifier ces accords en raison de l’invasion par l’URSS de l’Afghanistan.

B. Les accords diplomatiques

- Conséquences de la Coexistence pacifique en Europe - Les deux Allemagnes à l’ONU
En 1969, le nouveau chancelier allemand social-démocrate, Willy Brandt met un terme à la politique très rigide menée par son prédécesseur (K. Adenauer) envers la RDA. Avec son "Ostpolitik", Brandt inaugure la détente avec les pays de l’Est.
1970 : Traité germano-soviétique reconnaissant l’inviolabilité des frontières européennes et le statut quadripartite de Berlin.
1970 : Traité germano-polonais où la RFA reconnaît la ligne Oder-Neisse.
1971 : Accord quadripartite sur Berlin où Moscou s’engage à ne plus entraver la libre circulation entre la RFA et Berlin-ouest, et à améliorer la situation résultant de la présence du "mur".
Les espoirs d’une réunification de l’Allemagne paraissent très illusoires à l’époque de W. Brandt. Aussi entreprend-il des négociations avec la RDA pour normaliser leurs relations :
1972 : "Traité fondamental" dans lequel les deux États reconnaissent que la souveraineté de chacun se limite à leur propre territoire ; ce qui met fin à l’idée que seule la RFA représentait l’Allemagne (politique des prédécesseurs de Brandt). Les 2 pays échangent non des ambassadeurs mais des "représentants permanents". De nombreux Etats reconnaissent alors la RDA et les deux pays (RFA et RDA) sont admis à l’ONU en 1973.

- En Asie - Reconnaissance de la Chine populaire
Dans le monde occidental, seule la France avait reconnu la Chine populaire. Avec ces 750 millions d’habitants, sa tenue à l’écart constituait une attitude de Guerre froide de la part de l’Occident. Le conseiller aux affaires étrangères de Nixon, Henry Kissinger, cherche, après le temps fort de la Révolution culturelle, à élargir le jeu diplomatique et développe l’idée d’une "stratégie triangulaire" dans laquelle la partie mondiale se jouerait désormais entre les EUA, l’URSS et la Chine.
En 1971, Kissinger se rend en Chine pour préparer l’admission de la Chine populaire à l’ONU avec siège et droit de veto au Conseil de Sécurité en lieu et place de Formose. En septembre 1971, la Chine populaire est admise à l’ONU. Nixon se rend alors en voyage officiel en Chine en février 1972 (il existe sur cette rencontre historique un opéra "Nixon in China" de l’américain John Adams - 1988 - CD marque Nonesuch). La bipolarité du monde semble donc reculer, d’autant plus, que, parallèlement, le Tiers monde cherche lui aussi à s’affirmer.

C. Les accords commerciaux

- La promotion des échanges
Les relations économiques deviennent l’un des aspects les plus importants de la Coexistence pacifique en l’Est et l’Ouest. Leur essor est souhaité de part et d’autre, car les liens commerciaux créent des solidarités qui consolident la paix. Côté soviétique, on se rend compte que le pays n’est pas prêt à rattraper la puissance économique des EUA et qu’il faut importer des produits agricoles et industriels occidentaux. Côté EUA, on se place dans la perspective de nouveaux débouchés commerciaux.

- Les accords conclus
1972 : Traité de commerce américano-soviétique. Contre son pétrole et son gaz naturel, l’URSS reçoit des produits agricoles et de la haute technologie.
La coopération touche aussi le domaine des technologie de l’espace, par un échange d’informations qui aboutit en 1975, à la rencontre de deux capsules spatiales habitées dans l’espace.
La coopération s’étend aussi aux autres pays de l’Est et plus tard à la Chine.

D. Les accords d’Helsinki : apogée d’une certaine détente

- La conférence sur la sécurité et la coopération en Europe
C’est une vieille idée de l’URSS. Depuis le milieu des années 60, l’URSS réclame la tenue d’une conférence sur les problèmes européens entre les pays membres du Pacte de Varsovie et de l’OTAN. Son but, faire reconnaître de manière définitive les frontières issues de la Seconde Guerre mondiale. L’atmosphère de Détente qui règne en ce milieu des années 70, fait accepter l’idée d’une telle conférence aux occidentaux, espérant de leur côté obtenir des concessions sur le respect des droits de l’homme dans le bloc socialiste. Les négociations sont lancées en 1972 et aboutissent à la signature par Brejnev et Ford de l’Acte final d’Helsinki.

- Le contenu des accords d’Helsinki (1975)
Chapitre politique : L’inviolabilité des frontières européennes est reconnue. Ainsi que le droit de chaque Etat à l’indépendance politique et le non-recours à la force pour régler les conflits.
Chapitre économique, scientifique et technologique : la coopération déjà engagée dans tous ces domaines doit se poursuivre et se développer.
Chapitre libertés et droits de l’homme : adhésion solennelle des signataires au respect des droits de l’homme et garantie des libertés fondamentales. Sur ce chapitre, les résultats s’avèreront rapidement assez décevants. Ce qui intéressait avant tout les soviétiques à Helsinki, étant la reconnaissance des frontières.
De toute façon, américains et soviétiques n’ont pas du tout la même conception de la Coexistence pacifique. Pour les américains, il s’agit d’une sorte de partage du monde dans la tradition des traités de la fin de la guerre, alors que pour les soviétiques, il s’agit d’une poursuite de la Guerre froide par d’autres moyens. En effet, pour eux, la Coexistence pacifique n’exclut ni le renforcement de la domination de Moscou sur son empire, ni la conquête de nouvelles positions stratégiques, ni même à long terme la destruction du système capitaliste.

II. La poursuite des conflits périphériques

A. La guerre du Vietnam (1964-1979)

- L’escalade nord-américaine au Vietnam
Après la signature des accords de Genève en 1954, les EUA prennent très vite le relais des français dans leur soutien au Sud-Vietnam du très autoritaire et catholique Diem. De son côté le Nord Vietnam de Hô Chi Minh ne renonce pas à l’idée d’une réunification du pays et encourage la formation d’un front de libération nationale au Sud Vietnam : le Vietcong.
En 1961, devant le succès de la guérilla Vietcong, Kennedy décide d’augmenter le nombre de conseillers militaires au Sud-Vietnam.
1963 : Coup d’Etat militaire au Sud-Vietnam. Diem est renversé par les généraux Thieu et Ky. Au moment de l’assassinat de Kennedy, il y a environ 16 000 conseillers militaires au Sud-Vietnam.
1964 : 85 000 GI’s. Le Congrès décide l’intervention massive.
1965 : Johson décide le bombardement massif du Nord-Vietnam et de la piste Ho Chi Minh. Mais Le Nord-Vietnam et le Vietcong, soutenus par Moscou et Pékin, redoublent de détermination. Les EUA s’enlisent face à un ennemi insaisissable soutenu aussi par les populations locales.
1968 : 31 janvier (nouvel an vietnamien) - offensive du Têt - Le Vietcong attaque simultanément plus de 100 villes et bases militaires américaines et réussit à les tenir pendant plusieurs heures. Il y a à ce moment là 540 000 soldats américains au Sud-Vietnam. Les EUA en sont réduits à une guerre d’usure. L’opinion publique nord-américaine est de plus en plus hostile à cette "sale guerre" (coût, inflation, morts).

- La désescalade et le désengagement nord-américain
1968 : Johnson ordonne l’arrêt partiel des bombardements. Le Nord-Vietnam accepte alors l’ouverture de négociations à Paris.
1969 : Nixon veut une "Paix dans l’honneur" qui consiste à "vietnamiser le conflit" d’où le retrait progressif des américains. Le Sud-Vietnam doit démontrer sa combativité pour sauvegarder l’indépendance du pays. De son côté le Vietcong se transforme en Gouvernement révolutionnaire provisoire (GRP).
1971 : 325 000 GI’s 1972 : 69 000.
1973 : 28 janvier, les pourparlers entre Le Duc Tho et Kissinger aboutissent à la signature d’un accord de cessez-le-feu (ceci après deux voyages de Nixon en février 72 en Chine, en mai 72 à Moscou).
Les Accords de Paris : Retrait total de toutes les troupes étrangères du Sud-Vietnam, formation d’un conseil national de réconciliation comprenant des membres du GRP, prochaines élections libres.
Mais la lutte entre Sud-Vietnam d’un côté, et Nord-Vietnam et GRP de l’autre, continue après les Accords de Paris. En 1973, la guerre civile se développe au Sud-Vietnam. Une situation similaire se développe dans les deux pays voisins, le Laos et le Cambodge.

- La guerre civile dans l’ancienne Indochine
Vietnam : 1975 - Prise de Saïgon par le GRP et les nord-vietnamiens. Réunification du Vietnam.
Laos : 1975 - Victoire du Pathet Lao communiste sur les royalistes.
Cambodge : 1970 - Coup d’Etat du Général Lon Nol contre le prince Norodom Sihanouk. Régime très anti-communiste d’où développement d’une guérilla Khmer Rouge. 1975 - Prise de Phnom Penh par les Khmers rouges. Régime communiste prochinois de Pol Pot. Régime de terreur - Génocide : au moins 1 million de morts (1/4 de la population). 1978 - Invasion par le Vietnam. Pol Pot est renversé et mise en place d’un nouveau régime communiste favorable au Vietnam.
Après le départ des EUA, l’Indochine devient l’objet d’un conflit latent entre les deux puissances communistes URSS et Chine.
Il est à noter enfin qu’à aucun moment depuis 1945 le conflit vietnamien n’a remis en cause la paix mondiale. Il en est de même pour le conflit israélo-arabe.
B. Le conflit israélo-arabe

- La Guerre des Six jours en 1967
Le 28 mai 1964, est créée l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) dirigée par Yasser Arafat. En octobre, l’OLP est reconnue par l’ONU.
Le 18 mai 1967, Nasser demande à l’ONU le retrait des Casques bleus mis en place en 1956, ce qui lui est accordé dès le 21 mai. Le 22, Nasser bloque l’entrée du Golfe d’Aqaba à tout navire israélien et à tout navire transportant des produits stratégiques à destination d’Israël. Se sentant à nouveau menacer, Israël décide une guerre préventive.
Le 5 juin, l’aviation égyptienne est détruite au sol ; Israël s’empare du Sinaï, de Jérusalem Est, de la Cisjordanie et du plateau du Golan syrien.
Le 8 juin, l’Egypte accepte le cessez-le-feu, suivie le 10 juin par la Syrie . La guerre a duré 6 jours.
L’Etat d’Israël passe de 20 800 Km2 à 102 400 Km2. Le 23 juin, le parlement israélien vote l’annexion de Jérusalem est malgré les protestations de l’ONU et des grandes puissances, Israël refuse d’exécuter la résolution 242 de l’ONU (nov. 67) lui ordonnant d’évacuer les territoires occupés.
La guerre de six jours augmente la résistance palestinienne depuis leurs bases du Liban, de Syrie et de Jordanie. Chaque agression contre l’Etat d’Israël se solde par de violentes ripostes israéliennes. En Jordanie et au Liban, les résistants palestiniens se comportent comme un Etat dans l’Etat d’où des accrochages avec l’armée libanaise, mais surtout avec l’armée jordanienne qui en écrase un certain nombre en 1970 (d’où naissance d’un mouvement terroriste : Septembre Noir). Les Palestiniens, pour que le monde n’oublie pas leur cause, se lancent alors dans le terrorisme à grande échelle (piraterie aérienne et prise d’otages).

- La guerre du Kippour
En 1970, mort de Nasser et prise de pouvoir d’Anouar El Sadate qui annonce régulièrement la revanche sur le désastre de 1967.
Le 6 octobre 1973, en plein Ramadan et le jour du jeûne juif du Yom Kippour, l’Egypte attaque brusquement Israël. L’armée égyptienne pénètre dans le désert du Sinaï et bouscule l’armée israélienne. De son côté, l’armée syrienne pénètre sur le plateau du Golan.
Le 15, percée de l’armée israélienne qui franchit le canal de Suez.
Le 22, face à une situation redevenue critique, Sadate accepte le cessez-le-feu, voté par le Conseil de sécurité. L’ONU sous la pression des EUA met en place une nouvelle force d’interposition.
En réaction, les pays arabes décident d’utiliser l’arme pétrolière, et dès le 16 octobre, le baril de pétrole passe de 3 à 5 dollars, menaçant d’embargo tous les amis d’Israël. En décembre le baril de pétrole atteint 12 dollars. La guerre du Kippour a démontré la combativité des Arabes, le fait que l’armée israélienne n’est pas invincible, mais le problème palestinien demeure entier.

 

 

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