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La taxe Tobin

La taxe Tobin

 

 

I] Principe

Ce que l'on appelle « taxe Tobin » est un projet de taxation des transactions de change.
Cette taxe à faible taux (entre 0,05% et 1%)  permettrait d'atteindre deux objectifs sans pour autant déstabiliser le système financier mondial:

- Freiner la spéculation sur ces marchés : la taxe rendrait significativement plus coûteuses les opérations purement spéculatives à court terme (qui exigent des allers et retours rapides et nombreux entre plusieurs marchés). On estime que la « volatilité » des mouvements de capitaux à court terme sont la cause principale de l'instabilité du système (comme l'a montré la crise des « subprimes » il y a peu).

- Financer des programmes d'aide internationale au développement des pays les moins avancés. Collectés et administrés par chaque gouvernement, les fonds recueillis seraient ensuite reversés à un organisme géré par le FMI, la Banque Mondiale ou un organisme indépendant placé sous le contrôle de l'ONU. Les sommes ainsi récoltées seraient redistribuées prioritairement aux pays les moins avancés.


II] Origine

   Cette idée a été lancée en 1978 par le prix Nobel d'économie James Tobin pour lutter contre la spéculation.
Elle a été reprise dans une optique plus radicale et plus large en 1998 en France, à l'occasion de la création ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l'Aide au Citoyen). Depuis, l'association s'est implantée dans de nombreux autres pays, et propose des analyses étudiant la possibilité pratique de la mise en place d'une telle taxe.
ATTAC, au même titre que la plupart des autres supporters de la taxe Tobin, participe au mouvement altermondialiste.

En 2001, Tobin a déclaré à ce sujet :
« J'apprécie l'intérêt qu'on porte à mon idée, mais beaucoup de ces éloges ne viennent pas d'où il faut. Je suis économiste et, comme la plupart des économistes, je défends le libre-échange. De plus, je soutiens le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce (OMC), tout ce à quoi ces mouvements s'en prennent. On détourne mon nom. »


III] Critiques

De nombreux économistes financiers contestent la relation entre la « taxe Tobin » et une plus grande stabilité des prix sur les marchés financiers.
Le projet soulève d'autres difficultés :

      - La réalisation d'un tel projet suppose son adoption par l'ensemble des institutions financières et des états concernés. Une action isolée de quelques pays aurait à coup sûr des effets négatifs sur leur économie.
      - Elle accentuerait la volatilité des cours des monnaies en diminuant les transactions sur les marchés et en les rendant ainsi moins « liquides ».
      - Elle ne permettrait pas d'éviter les mouvements de capitaux de grande échelle, tels que ceux qui ont causé les crises asiatique et russe, son taux n'étant pas assez élevé pour être dissuasif. (et un taux plus élevé représenterait un frein aux échanges en général, étant également prélevée sur les transactions non spéculatives)
      - Elle serait dans une certaine mesure incompatible avec le secret bancaire, parce qu'elle nécessite la traçabilité des transactions financières. Il y aurait ainsi des difficultés administratives à instaurer ce système.


IV] Conséquences et mises en application

    Seuls la France (2001) et la Belgique (2004) ont voté une loi prévoyant la mise en place d'une « taxe Tobin » une fois le projet ratifié dans toute la zone euro  (CF « critiques »).
Mais le projet en a inicié d'autres, similaires sur le principe.

En septembre 2004, lors de l'assemblée générale de l'ONU à New York, la France, le Brésil, le Chili et l'Espagne ont lancé une initiative en faveur de la création d'une taxe mondiale pour financer la lutte contre la faim et la pauvreté.
Plusieurs taxes sont envisagées pour réunir les 50 milliards de dollars espérés chaque année :

-         Sur les ventes d'armes (Soutenu par Lula et Chirac, entre autres)
-         Sur le transport aérien (en 2006, la France inaugurera avec le Chili un « prélèvement international de solidarité sur les billets d'avion ») ou maritime.
-         Sur les bénéfices des FTN
-         Sur les émissions de gaz à effet de serre

Ces initiatives et projets sont soutenus par un nombre croissant d'ONG qui défendent que la reconnaissance de certains biens publics mondiaux (la paix, la santé publique, l'eau, la justice sociale, la stabilité financière,...) implique ce type de financement.

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