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Gary Stanley Becker

Gary Stanley Becker

(ÉUA, 1930- )
Nobel 1992

Gary BECKER est connu pour avoir remodelé le champ de la pensée économique libérale en l’élargissant à l’ensemble des comportements humains. Ainsi, il s’intéresse aux sciences sociales définies au sens large, étant convaincu que la théorie économique offre sous sa forme néoclassique les meilleurs outils d’analyse pour l’étude des relations sociales. L’idée qui guide tous les travaux de Becker est que la théorie économique peut être appliquée avec profit à une large gamme de problèmes humains.

Ses multiples travaux sur les fondements des comportements humains reposent principalement sur deux théories fondamentales :

la théorie du capital humain et la nouvelle théorie du consommateur.

La théorie de la concurrence pure et parfaite considère le consommateur comme un individu qui compare des prix pour effectuer ses choix. Becker le présente comme un être qui produit des satisfactions dont il est lui-même le consommateur. Ainsi, il n’achète pas un bien pour lui-même, mais pour les services qu’il lui rend. L’utilité ne vient donc pas directement des biens et des services achetés sur le marché mais elle est le résultat de comportements du consommateur qui choisit et qui produit lui-même ses propres satisfactions. N’importe quel acte individuel est alors comme un acte économique soumis à la contrainte budgétaire et temporelle. En effet, au-delà du budget monétaire, l’individu est limité par le temps dont il dispose pour assouvir ses besoins. La valeur du temps, ressource rare, correspond dès lors au revenu sacrifié par unité de temps consommé : c’est le "coût d’opportunité ".

La grande innovation de Becker dans le domaine de la théorie du consommateur est de considérer le ménage comme une institution économique comme les autres. Ses préférences sont définies à partir de biens intermédiaires, c’est-à-dire de biens destinés à produire des services désirés. Alors, comme pour l’entreprise, il ‘agit d’analyser les mécanismes qui déterminent le comportement des ménages, ce que la théorie du capital humain se propose de faire.

L’idée de base, développée dans "Human capital "en 1964, est que l’on peut considérer, du point de vue de l’individu, l’éducation et la formation professionnelle comme un investissement. La valeur de celui-ci est égale au coût monétaire direct de l’éducation auquel s’ajoute la valeur des gains non perçus pendant le temps de l’éducation. Celle-ci est un investissement avantageux pour l’individu si la valeur actualisée nette des coûts est inférieure aux avantages qu’elle procure (salaires notamment). Cela le conduit à distinguer l’éducation générale et la formation spécifique de l’individu qui peut améliorer sa productivité. De ce point de vue, les firmes, conscientes de leur intérêt à investir en capital humain ne le feront cependant que si cette formation est conforme aux intérêts de la firme. Une formation spécifique qui se traduit par une augmentation de la productivité du salarié sur son lieu de travail permet à l’entreprise de récupérer, et au-delà, son investissement en formation. Au contraire, l’employeur n’est pas incité à procurer une formation générale qui risque de ne pas dégager d’efficacité (surtout si elle est fournie par l’État ?). Cette analyse permet à Becker de considérer les inégalités de salaires comme le reflet de différences d’investissement en capital humain. De même, il pense que l’individu effectue des arbitrages permanents entre le revenu futur qu'il peut espérer en contrepartie de son effort d’investissement et la satisfaction immédiate du temps libre qu’il aura consacré ni à son travail, ni à sa formation.

Ainsi, Gary Becker considère que les différences de salaires selon le niveau de diplôme s’expliquent par des différences de productivité, elles-mêmes liées aux différences de formation et d’investissement en capital humain.

Ces différentes théories ont peu à peu permis à Gary BECKER de développer une analyse plus poussée des interactions sociales. Il a commencé à théoriser les relations entre individus hors du contexte du marché, et en particulier, au sein de la famille. En remarquant que, dans les autres sciences sociales, la famille est une institution de première importance pour comprendre le fonctionnement de la société, il œuvre pour que l’analyse économique la prenne en compte et il a écrit "A treatise on the family ". Ainsi, Becker voit dans la décision d’avoir des enfants une demande de biens durables et dans le mariage, une institution économique au sein de laquelle les conjoints essaient de maximiser leur utilité en se spécialisant dans les tâches pour lesquelles leur productivité est plus élevée que celle de leur conjoint. Le contrat de mariage est perçu comme un contrat par lequel la femme s’engage à mettre au monde et à élever des enfants en échange de protection et d’assurance. Le divorce, à l’instar du mariage, est traité comme une décision qui dépend principalement du revenu de chaque conjoint à l’intérieur et à l’extérieur du mariage. L’augmentation du taux de divortialité est ainsi expliquée par l’augmentation du salaire des femmes sur le marché du travail et le versement d’allocation aux mères célibataires.

Ses travaux sont novateurs et leur apport a été essentiel dans de très nombreux domaines tels que le capital humain, l’analyse économique de la famille, l’allocation du temps, mais aussi la discrimination entre les individus ou encore le crime et la peine. Son analyse emprunte beaucoup à l’individualisme méthodologique, elle veut compléter l’homo OEconomicus pour le rendre et plus compréhensible. Son analyse constitue une véritable révolution intellectuelle remettant en cause nos modes actuels d’appréhension des phénomènes sociaux.

L'apport théorique est original en ceci que la théorie du capital humain fait de la formation un investissement "comme un autre", générateur d'externalités. Ceci explique que la formation soit prise en charge par la collectivité, ce qui n'incite pas les entreprise à l'effort de formation qu'elles devraient supporter.

Se pose alors le problème d'un niveau de formation optimal qui serait efficient pour la collectivité.

Plus généralement, la théorie du capital humain est un cas particulier de la théorie des choix inter-temporels.

 

 

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