L'art
1) L’art comme imitation :
Pour Platon, le travail de l’artisan consiste à copier ou imiter l’Idée, éternelle, immuable, d’une chose. L’artiste procède également par imitation mais ce qu’il copie c’est la chose sensible, c’est-à-dire une reproduction déjà imparfaite de l’Idée. Au lieu de se rapprocher de la vérité, il augmente la distance qui le sépare d’elle.
2) Le jugement de goût :
Pour Kant, l’art relève du jugement réfléchissant s’opposant au jugement déterminant. Ce dernier est mis en oeuvre dans le discours scientifique et consiste à appliquer des concepts (universels) a priori à des objets singuliers. Le jugement réflechissant (ex : « c’est beau ») ne peut au contraire présupposer l’universalité. Le beau est désintéressé (l’utilité et l’agréable n’y prennent pas part) ; il plaît universellement sans concept (universalité subjective) ; enfin, c’est une finalité sans fin (il témoigne d’un ordre, d’un plan, mais ne vise rien au-delà de lui-même)
3) La science de l’art :
Hegel reproche à Kant d’avoir conservé un point de vue subjectif sur l’art. Or, une science de l’art est possible dans la mesure où l’art est une production de l’esprit (Geist), celui-ci n’étant pas individuel à la différence de la conscience. La science de l’art est historique, car l’idée de l’art se déploie elle-même dans l’histoire jusqu’à l’époque moderne qui signe la fin de l’art.
4) Les puissances de l’imagination :
Delacroix et Baudelaire affirme le primat de l’imagination (constructive) dans l’art. Le sujet premier de l’art ce n’est pas la nature mais l’artiste lui-même, le fond de son âme, ses émotions, etc. Alain critique cette conception en posant que l’imagination est une illusion et que rien d’autre n’est donné, dans le psychisme humain, qu’un désordre des émotions. L’art est l’extériorisation, le geste de mise en ordre et de discipline de ces passions.
5) L’artiste comme oeuvre d’art :
Pour Nietzsche, les catégories esthétiques sont des catégories métaphysiques. La figure de Dyonisos, essentielle à la tragédie, représente ce qu’il y a de terrifiant, de démesurée dans la nature. La nature, que seule une vision artistique peut supporter et embellir, est pouvoir de métamorphose, de devenir, de création et de destruction. L’artiste, seul homme (voire surhomme) véritable est celui qui parvient à ordonner le chaos des pulsions qui l’habitent. L’esthétique est une « physiologie appliquée ».
6) Art et technique :
La question du devenir de l’art à une époque où la technique acquiert une place prépondérante est essentielle. Benjamin montre ainsi qu’avec la reproductibilité des oeuvres d’art (la photographie par exemple), celles-ci tendent à perdre leur aura, leur caractère sacré.
7) L’oeuvre d’art et l’outil :
Pour Heidegger la conception traditionnelle de la chose naturelle, de l’outil et de l’oeuvre d’art comme composée de matière et de forme provient de l’activité humaine de fabrication dans laquelle une matière est travaillée pour s’adapter à une fonction, et devient ainsi outil. Mais l’usage quotidien des outils masque leur être, leur vérité car l’outil n’est efficace que dans la stricte mesure où il se fait oublier. L’oeuvre d’art est ce qui dévoile l’être de l’outil, son appartenance à un monde humain et à une nature primitive (la Terre).
D'après : http://www.maphilo.net
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