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Autrui

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Autrui

 

Ce qu’il faut retenir pour le BAC

1) Le solipsisme et l’existence d’autrui (Descartes) : La question portant sur autrui et son existence trouve sa source dans la philosophie cartésienne du cogito posé comme fondement de la philosophie. À partir du moment où le « je » devient la seule certitude, l’idée d’autrui devient problématique. Descartes a besoin de prouver l’existence de Dieu pour s’assurer de l’existence d’autrui (et du monde extérieur).

2) L’intersubjectivité (Husserl): L’ego est d’emblée ouvert à autrui. Il n’a pas les mêmes relations avec celui-ci qu’avec les objets du monde d’une part parce qu’il y a association passive de son corps à celui de l’autre, d’autre part parce que, par l’imagination, il peut faire « comme si » il était à la place de l’autre. Le monde dans lequel nous vivons est intersubjectif.

3) L’être-avec (Heidegger) :
Il est impossible de penser un sujet sans relation aucune avec d’autres sujets pour lui greffer après-coup cette relation à l’autre. L’existant humain (Dasein) est être-avec. C’est-à-dire que la solitude et le solipsisme ne sont que des modes déficients de cet être avec : je suis seul signifie exclusivement que l’autre manque.

4) Le regard (Sartre) : Autrui me dévoile que je ne suis pas le centre de mon monde. Il me « vole mon monde ». Son regard me dépossède de moi-même car il me constitue en objet parmi les objets du monde. Autrui devient par là même une pleine subjectivité dans la mesure où il n’y a d’objet que pour un sujet. Mais pour me ressaisir en tant que sujet, je dois à mon tour constituer l’autre en objet. Cette lutte des consciences ne peut s’apaiser.

5) La reconnaissance (Hegel) : La conscience de soi n’est qu’en tant qu’elle se différencie de l’autre. Le moi se pose en s’opposant, en fixant les limites qui le séparent d’autrui. De plus, pour parvenir à la conscience de soi, la reconnaissance d’autrui est nécessaire : je désire que le désir de l’autre porte sur moi. S’engage alors une lutte pour la reconnaissance qui, dans sa forme originelle, aboutit à la formation des figures du maître et de l’esclave.

6) La sympathie : La sympathie (ex : la pitié) est un sentiment moral (inné) qui nous lie aux autres hommes et nous pousse à « entrer » dans leur sentiments, à les comprendre sans pour autant les ressentir à un même degré. La sympathie ne s’exerce pas à l’égard de tous les vivants mais seulement à l’égard des autres hommes en leur dignité et qualité humaine.

7) Le visage de l’autre (Lévinas) :
L’éthique est la philosophie première. Autrui doit donc avant tout être considéré dans sa dimension morale. Son visage m’ouvre sur un au-delà de moi-même. C’est un appel qui témoigne de la fragilité de l’autre et qui convoque ma responsabilité à l’égard de lui.

8) L’altérité irréductible :
L’altérité des autres cultures ne peut être évaluée à l’aune de nos propres critères de rationalité scientifique et technique. Il est impossible de hiérarchiser les cultures car l’établissement d’une échelle de valeurs sera toujours nécessairement un présupposé ethnocentrique et plus encore une violence à l’égard de l’autre. D’une manière similaire, lorsqu’on définit la folie comme le négatif de quelque chose de plus élevé (la raison, l’essence de l’homme), on rate ce qui constitue son altérité fondamentale (elle n’est plus l’autre mais « l’autre du même »).

D'après : www.maphilo.net

 

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