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L’âge industriel et sa civilisation du milieu du XIXème siècle

  • L’âge industriel et sa civilisation du milieu du XIXème siècle

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Date de parution : 20/07/2011

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L'âge industriel et sa civilisation du milieu du XIXème siècle



  I. Des sociétés de plus en plus urbanisées :

 

  • Jusqu'à la fin du 19ème siècle, on a une forte croissance démographique (la mortalité recule alors que la fécondité reste élevée). A partir de la fin du 19ème siècle, la natalité baisse à son tour, la croissance est donc plus lente.
  • Les gens quittent les campagnes et vont en ville : exode des campagnes. Les gens quittent également les pays où la pression démographique est trop importante : émigration.
  • Le phénomène d'urbanisation va toucher les régions de forte industrialisation, de grands ports et de carrefours. Cette urbanisation va poser des problèmes, notamment en terme de logements. La demande étant forte, le coût des logements va augmenter. La population va donc glisser à la périphérie (phénomène des banlieues). D'autres problèmes sont liés à cette urbanisation : les problèmes d'équipement et les problèmes relatifs à l'organisation des villes.
  • Pourquoi les villes attirent les gens ? Le travail constitue la principale motivation. Les autres attraits sont les grands magasins, les loisirs (cinéma, expositions)…



II. Des sociétés transformées :


Avant le 19ème siècle, les sociétés sont dirigées par la noblesse, par opposition au monde paysan. Au 19ème siècle, ces mêmes sociétés sont dirigées par la bourgeoisie, par opposition au monde ouvrier.

1. Le recul du monde paysan

Diminution du nombre d'artisans ruraux. Diminution du nombre d'exploitations agricoles (mais diminution plus lente et plus longue).

Quelles sont les raisons de ce recul du monde paysan ?

  • Arrivée des transports (et notamment du train) qui rompt l'isolement. Le train va également favoriser les départs.
  • Scolarisation.
  • Le service militaire devient obligatoire. Pour bon nombre de jeunes du monde rural ce sera le premier contact avec la ville, qu'ils finiront par ne plus quitter. Ce phénomène s'accentuera après la première guerre mondiale.


C'est au sein des pays qui connaissent la Révolution Industrielle que les progrès de l'agriculture seront les plus importants. Ces progrès vont s'accompagner d'une amélioration de la condition et de la situation des agriculteurs. Au contraire, dans les pays qui ne connaissent pas la Révolution Industrielle, la situation des agriculteurs reste précaire. On reste dans des structures agraires archaïques.

La Russie compte de grands domaines, mais ils sont mal exploités. Les paysans sont exploités et manquent de terre. Certains de ces paysans sont plus aisés, plus modernes, et propriétaires (ils possèdent et exploitent leurs terres). Ce sont les "koulaks". Toutefois, ces paysans sont largement minoritaires. Ils ne représentent que 3% des paysans au début du 19ème siècle.


2. Le renouvellement des classes dirigeantes

Essor de la grande bourgeoisie (grands industriels et grands banquiers). Ces nouveaux bourgeois étalent à présent leurs richesses.

La bourgeoisie a remplacé l'aristocratie et la noblesse. En effet, la terre rapporte de moins en moins, la rente foncière baisse, la noblesse vend, son poids économique, social et politique baisse.
En Europe centrale et orientale, la terre garde sa valeur. La noblesse, qui possède la terre, reste la classe dirigeante (aristocratie foncière).
En Europe occidentale, c'est la grande bourgeoisie industrielle qui domine (l'industrie se développe largement).
Une partie de l'aristocratie va se reconvertir dans l'industrie et va figurer au même titre que la bourgeoisie industrielle.
Dans certains pays, la grande aristocratie et la grande bourgeoisie vont s'unir pour mener le pays.


3. L'essor des classes moyennes

Le terme "classe moyenne" désigne ceux qui n'appartiennent ni aux classes dirigeantes, ni au monde ouvrier et paysan.

On distingue classiquement deux catégories :

  • Les classes moyennes traditionnelles, comme les commerçants.
  • Les classes moyennes nouvelles, issues de la Révolution Industrielle, qui sont composées d'ingénieurs, de techniciens, d'employés et de certaines catégories de fonctionnaires.

Les classes moyennes se distinguent des ouvriers et des paysans par le travail, le mode de vie, la scolarisation des enfants (ce sont surtout les classes moyennes qui vont tirer profit de la scolarisation et de ses évolutions).

Une partie de ces classes moyennes va passer dans la classe supérieure (les ingénieurs). Mais une partie de ces classes moyennes va également passer dans la classe inférieure. Ils sont victimes de leur situation économique (les commerçants).

Ces classes moyennes deviennent de plus en plus nombreuses dans les pays industrialisés. Elles vont avoir un certain pouvoir politique.


4. Le monde ouvrier

Le monde ouvrier devient de plus en plus important avec l'industrialisation.

Le monde ouvrier n'a pas de richesse, il n'a pas de pouvoir (ni social, ni politique), il aspire à des changements (dans la société, l'organisation politique…) et le travail constitue sa seule ressource.

Le monde ouvrier comprend les domestiques (même si leur nombre est en constante baisse), les artisans et les ouvriers (nés de la Révolution Industrielle). C'est donc un monde divers sur le plan du travail.

Le monde ouvrier est également divers dans ses situations. Il existe, en effet, une hiérarchie interne :

  • Les ouvriers qui ont une qualification (les ouvriers qualifiés) sont au sommet de cette hiérarchie interne. Généralement mieux payés que les autres, ils ont pour eux une plus grande stabilité d'emploi car ils ne sont pas interchangeables et les entreprises ont besoin d'eux.
  • A l'étage en dessous on retrouve les ouvriers peu ou pas qualifiés. En raison de cette faible qualification, ces ouvriers sont cantonnés à des travaux répétitifs. Leurs conditions sont médiocres tant sur le plan du salaire (ils sont interchangeables) que sur le plan des conditions de travail (15 à 16 heures de travail par jour, pas de congé chaque semaine). Ces ouvriers peu ou pas qualifiés sont également très vulnérables face au chômage.
  • Pour ce qui est des femmes et des enfants, leur situation est mauvaise, mais cette situation va évoluer très vite, surtout pour les enfants. En effet, des lois vont être votées pour protéger les enfants, même si celles-ci vont mettre du temps à se mettre en place.
  • Les progrès ont été plus lents pour les femmes. Elles travaillent de nuit, en usine, et restent moins payées que les hommes.


Entre 1850 et 1900, la situation des ouvriers va progresser, mais ces progrès sont limités. Les principaux progrès concernent le logement, les salaires (augmentation des salaires) et les conditions de travail (diminution du nombre d'heures de travail : 13 à 14 heures au lieu de 15 à 16 heures, augmentation du nombre de jours de congé).


5. Les facteurs de l'amélioration de la condition ouvrière

Les problèmes les plus lourds ne sont pas réglés, ou mal réglés : le chômage, le logement (en France en particulier au sein des pays industrialisés), les insuffisances de la législation sociale (sauf en Allemagne où la législation est en avance sur les autres pays).

La philanthropie patronale est un des facteurs de l'amélioration de la condition ouvrière. Certains patrons qui essayé d'améliorer les conditions de leurs ouvriers. Ces patrons ne sont toutefois qu'une minorité. Ces améliorations ne concernent donc qu'une minorité d'ouvriers. Parmi les entreprises à la tête desquelles on retrouve ces "patrons sociaux" figurent l'entreprise Siemens en Allemagne (versement de primes) et l'entreprise Peugeot (facilité l'accès au ravitaillement, scolarisation des enfants…). Ces améliorations sont aussi une manière de contrôler les ouvriers. Quelques patrons, rares, donnent également à leurs ouvriers des congés périodiques rétribués.

Les progrès de la législation sociale sont le deuxième facteur de l'amélioration de la condition ouvrière. En 1892, la durée de la journée de travail est limitée à 10 heures pour les enfants et à 11 heures pour les femmes. Les progrès en matière de législation sociale sont lents et tardifs. Il faut, par exemple, attendre 1936 pour que deux semaines de congés payés soient accordées. Le retard de la France est alors estimé à 50 ans par rapport aux autres pays industrialisés. Les lois portent sur la législation sociale, la limitation de la durée de travail journalière, les congés payés… Cependant, certains problèmes ne sont pas résolus comme le chômage et le logement.



III. Le libéralisme et ses contestations :


Parmi les principaux économistes libéraux figurent Adam Smith (économiste anglais), Ricardo (espagnol) et John Stuart Mill (écossais).

La théorie libérale repose sur plusieurs fondements : une société constituée d'individus, dans laquelle chaque individu poursuit ses intérêts propres, et pour laquelle on applique la théorie de la "main invisible" et la loi de l'offre et de la demande.


Plusieurs conséquences sont attachées à la théorie libérale :

  • Il ne doit y avoir aucune entrave à la liberté de posséder et d'entreprendre.
  • Il ne faut aucune intervention de l'État.
  • Rencontre entre le libéralisme et le "darwinisme". Pour Darwin, la loi du plus fort est inscrite dans la nature : elle doit donc s'appliquer dans le domaine économique et social entre les salariés et les ouvriers, d'une part, et les patrons d'autre part.


Les contestations du libéralisme :

  • Le traditionalisme (courant attaché à une société hiérarchisée) constitue la première forme de contestation. Ce qui garantirait une meilleure existence, ce serait le retour à une société du passé.
  • De ce courant traditionaliste va se détacher un autre mouvement : le christianisme social. Les chrétiens sociaux vont longtemps être proches du libéralisme, avant de s'en détacher peu à peu. Dénonçant les effets du libéralisme, les chrétiens sociaux vont essayer d'améliorer le sort des ouvriers et de réformer les sociétés industrielles. Bon nombre de "patrons sociaux" vont, d'ailleurs, s'inspirer de ce mouvement. De ce courant vont naître des syndicats d'inspiration chrétienne et des mouvements politiques, notamment en Italie et en France avec les Jeunesses Ouvrières Chrétiennes.




IV. Les luttes contre le libéralisme :


1. Le socialisme

Le principal théoricien se nomme Karl Marx, allemand d'origine juive (1813-1893). Pour Marx, ce qui fait avancer l'histoire, c'est la lutte des classes. Coexistent, en effet, les classes possédantes et les classes opprimées. De ce conflit apparaît une nouvelle classe possédante et une nouvelle classe opprimée. Le dernier conflit sera celui où le prolétariat ouvrier renversera la bourgeoisie, car le prolétariat ouvrier ne veut exploiter personne. Le prolétariat ouvrier mettra donc en place une société où personne ne dominera personne.

Marx a prévu un "plan d'action". Ce plan débute par la création de partis révolutionnaires (les partis socialistes) qui ont pour objectif de transformer la société dans ses idées. Ces parties doivent prendre le pouvoir et instaurer un régime politique et économique particulier. Ces partis révolutionnaires doivent, enfin, empêcher la bourgeoisie de revenir au pouvoir. C'est la "dictature du prolétariat".


Partout en Europe, à cette époque, on constate une poussée du mouvement socialiste (communiste aujourd'hui). En même temps que se produit cette poussée il y a une divergence entre deux écoles : les réformistes et les révolutionnaires. Les différences tiennent à la manière de prendre et d'exercer le pouvoir.

  • Pour les réformistes, les socialistes doivent prendre le pouvoir par la voie des élections et effectuer un certain nombre de réformes.
  • Pour les révolutionnaires, le pouvoir peut être pris quelle que soit la manière, y compris par la force, et doit être instaurée la dictature du prolétariat.

A l'intérieur des partis politiques, il y a généralement des réformistes et des révolutionnaires. En Allemagne, au sein du SPD, les révolutionnaires sont majoritaires et les réformistes minoritaires. En Russie, on distingue les révolutionnaires majoritaires (les "bolcheviks") et les réformistes minoritaires (les "mencheviks"). En France, la SFIO est constitué de révolutionnaires et de réformistes jusqu'en 1920. Une scission va alors s'opérer entre les révolutionnaires qui vont constituer la SFIC (communistes) et les réformistes qui vont garder le nom de SFIO (socialistes).

Le projet révolutionnaire des communistes : Société capitaliste (les bourgeois exploitent les prolétaires). > Création de partis révolutionnaires (appelés "socialistes" au 19ème) réunis en une Association Internationale des Travailleurs. > Révolution. > Dictature du prolétariat. > Société communiste : société sans classes.

Le projet des socialistes réformistes : Société capitaliste (les bourgeois exploitent les prolétaires). > Création de partis socialistes réformistes. > Élection de députés socialistes. > Vote de lois sociales. > Société transformée par la loi, où le sort des ouvriers est amélioré et où règne l'égalité sociale.


2. L'anarchisme

Le courant anarchiste a été influent en Russie, en France, en Espagne et en Italie, sans pour autant qu'il existe une unité puisqu'il existe plusieurs sortes d'anarchistes. Le courant anarchiste refuse toute forme d'autorité.


3. Le syndicalisme

Des ouvriers se rassemblent pour une action collective et organisée qui vise à améliorer la situation des ouvriers. Les idées défendues par ces mouvements syndicalistes sont le droit de grève (en 1825 en Grande-Bretagne, en 1864 en France) et la reconnaissance pour les ouvriers du droit à former des syndicats.

A côté du socialisme réformiste et révolutionnaire, on verra apparaître un syndicalisme réformiste et un syndicalisme révolutionnaire, mais ces deux notions (socialisme et syndicalisme) sont bien différentes. Le syndicalisme réformiste veut obtenir des améliorations pour les ouvriers sans pour autant remettre en cause le système économique et social, le système capitaliste. On va le trouver en Grande-Bretagne (TUC, Trade Union), en Allemagne (DGB) et aux USA (AFL, American Federation of Labour). Le syndicalisme révolutionnaire veut aussi améliorer le sort des ouvriers (salaires, conditions de travail, nombre d'heures de travail), mais son objectif reste la transformation du système économique et social. On va le trouver en Russie et dans les pays latins (France, Italie, Espagne).

En France, mais aussi en Espagne, trois courants sont représentés. Ainsi, au sein de la CGT (Confédération Générale du Travail), on retrouve les réformistes, les révolutionnaires et le courant anarcho-syndicaliste. Ce courant anarcho-syndicaliste n'est pas réformiste et il se distingue également du courant révolutionnaire. Ce courant ne fait pas confiance aux partis politiques.

 

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