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La Méditerranée au XIIème siècle (1)
La Méditerranée au XIIème siècle (1)
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Date de parution : 06/03/2008
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La Méditerranée au XIIème siècle (1)
L’OCCIDENT CHRETIEN
Entre le IIe et le IVe siècle, l’Europe a connu plusieurs vagues d’invasion qui ont fini par emporter l’empire romain d’Occident en 476.
L’Empire romain s’etait divisé à la mort de Théodose en 395 entre ses fils Arcadius, empereur d’Orient, et Honorius, empereur d’Occident.
Sur ses ruines, se sont constitués d’éphémères royaumes barbares dont les souverains, par souci de s’assurer l’appui du clergé, se convertissent peu à peu à la religion chrétienne. Dans l’anarchie qui suit la disparition de la "Pax Romana", l’Eglise demeure la seule dépositaire de l’héritage antique, et c’est largement par son intermédiaire que s’effectue, en même temps que la christianisation des royaumes barbares, l’adoption par les vainqueurs de nombreux traits culturels latins.
Au milieu du VIIe siècle, l’Occident chrétien et l’Empire Byzantin doivent affronter les assauts des successeurs de Mahomet, fondateur d’une nouvelle religion, l’Islam.
Moins d’un siècle après la mort du prophète, la domination musulmane s’étend sur d’immenses territoires qui vont de l’Indus au Tage et de la mer d’Aral au Sahara. Toutefois, ne pouvant maintenir dans l’unité les populations très diverses qui le peuplent, cet empire se morcelle en trois califats ayant leur capitale respective à Bagdad (empire Seldjoukide), Le Caire (empire Fatimide) et Cordoue (empire Almoravide).
En dépit de leurs divisions politiques, les musulmans font peser une menace permanente sur le monde méditerranéen.
Après la brève tentative de restauration d’un empire d’Occident sous le règne de Charlemagne (771-814), les querelles de successions entre ses héritiers, l’émiettement du pouvoir, les guerres incessantes entre souverains ou entre seigneurs, la venue de nouveaux envahisseurs (Vikings, Sarrasins, Hongrois) et le déclin du commerce méditerranéen entraînent un repli sur soi de l’Occident chrétien.
Néanmoins, dès le milieu du Xe siècle, l’activité commerciale reprend, tandis que s’amorce la "reconquête" (en Espagne et dans les grandes îles méditerranéennes) des territoires cédés à l’Islam. Au XIe siècle, la Méditerranée est redevenue un carrefour de civilisations ainsi qu’un enjeu que se disputent chrétiens d’Occident, Byzantins et musulmans.
Tandis que se constitue ainsi la chrétienté d’Occident, l’empire se maintient en Orient autour de Byzance. Au VIe siècle, l’empereur Justinien rétablit même pendant quelques temps sa souveraineté sur une partie de l’Italie, de l’Espagne et de l’Afrique du Nord. Mais à partir du VIIe siècle, l’Empire Byzantin se replie sur l’Asie Mineure, la Grèce et la Thrace, abandonnant une partie des Balkans aux Bulgares et aux Slaves et cédant l’Asie occidentale aux Arabes. Il n’en connaît pas moins jusqu’au XIe siècle une période particulièrement brillante.
I . L’ORGANISATION POLITIQUE ET SOCIALE DE L’OCCIDENT CHRETIEN
Au XIIe siècle, le monde occidental chrétien vit sous le régime de la féodalité.
A/ Le système féodal
Depuis la fin de l’Empire romain, l’affaiblissement du pouvoir royal et l’insécurité ont poussé nombre d’hommes libres à chercher protection auprès d’un puissant voisin.
Le faible se recommande au fort, le seigneur, et lui jure fidélité.
Cette pratique de la recommandation est également utilisée par les rois et par les possesseurs de grandes seigneuries. Pour s’assurer le concours de cavaliers bien armés, le suzerain donne une terre (un fief) à son vassal.
Le serment de recommandation est au coeur du système féodal.
On devient l’homme d’un autre homme, au cours d’une cérémonie, "l’hommage". Le suzerain remet ensuite à son vassal un objet qui symbolise le fief (motte de terre, branche d’arbre, clé...) : c’est l’investiture.
Les liens indissolubles qui unissent les deux hommes leur imposent désormais des droits et des devoirs.
Le vassal est maître de son fief, où il exerce le droit de justice, lève les impôts, enrôle les hommes d’armes. Mais, il est tenu d’accompagner à la guerre son seigneur, 40 jours par an. C’est le service d’ost. Il doit aussi fournir conseil et aide financière à son seigneur.
De son côté, le suzerain protège son vassal en cas d’attaque et pourvoit à son entretien.
B/ Une société très hiérarchisée.
La société féodale repose donc sur des liens personnels qui unissent très fortement les hommes entre eux. Chacun exerce une fonction bien déterminée dans le système économique qui repose sur la possession et le travail de la terre.
Les seigneurs, qui possèdent la terre, ne la travaillent pas. Ils forment le groupe des guerriers (milites) qui ont pour mission la protection de la collectivité.
Les gens d’église (oratores) prient pour le salut de tous et assurent l’enseignement et les oeuvres d’assistance.
Les paysans (laboratores) travaillent la terre pour nourrir les deux autres groupes.
La chevalerie occupe le premier rang dans cette hiérarchie. Elle constitue une véritable aristocratie guerrière dont les droits (fief, justice = droit de ban) transmettent en ligne masculine la qualité de noble.
Le seigneur chevalier mène donc une vie brutale et oisive à la fois. Cela lui est possible que parce qu’il est nourri par les paysans de son domaine (seigneurie) souvent réduits au servage et qui, en échange de l’usage des terres (tenures), versent à leur maître des redevances et effectuent des travaux divers sur la réserve (corvées).
CONCLUSION
Au XIIe siècle, le pouvoir semble donc émietté entre divers seigneurs plus ou moins puissants. Quelques royaumes émergent toutefois de cet ensemble (France, Angleterre, mais surtout le Saint Empire romain germanique)
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