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Art Sonic : L’interview de Thylacine par Estelle, gagnante SMENO.

Estelle a gagné son pass VIP lors du jeu concours Art Sonic organisé sur la page Facebook de la SMENO. Aujourd’hui, elle partage avec nous son ressenti sur won weekend à Briouze City ainsi que son interview de l’artiste Thylacine !

Suite à un concours organisé entre la Smeno et Art Sonic, j’ai eu la chance de gagner un « Pass VIP », c’est-à-dire une invitation au festival avec, en plus, quelques avantages et privilèges.

Tout d’abord, il faut savoir qu’Art Sonic a rassemblé environ 18 000 personnes cette année, un record. Et d’après moi, le succès ne s’arrêtera pas en si bon chemin, et pour cause ! Déjà, c’est un plaisir que d’avoir le parking, camping, et festival tous proches les uns des autres. Cette disposition n’est pas toujours une évidence dans les événements de ce genre mais la proximité de ces différents sites est importante et assurent le confort (et donc la bonne humeur !) des festivaliers. Malgré la météo assez instable du premier soir, l’ambiance est au rendez-vous. Les drapeaux dédiés aux membres de Shaka Ponk flottent avec le vent normand au-dessus des dizaines de tentes du camping. Les chansons les plus connues de Salut c’est Cool sont déjà chantées à tue-tête. La plupart des festivaliers se rend sur le site des concerts lorsque Naâman entre en scène. Pour ma part, il est temps d’aller jeter un coup d’œil du côté VIP. Après un peu d’attente, je suis reçue par Romain, de l’équipe Art Sonic. L’accueil est parfait. Tout de suite, il me prend en charge et m’explique comment vont se dérouler mes 2 jours ici, à Briouze. Ensemble, on regarde quels artistes je pourrais interviewer le lendemain, samedi. Puis, Romain me montre le pôle presse rapidement. On se donne rendez-vous le lendemain pour fixer définitivement les interviews et pour prendre plus de temps afin d’observer l’organisation interne d’Art Sonic. Maintenant, il est l’heure d’aller profiter du festival ! Je rejoins du monde au concert de g, et l’ambiance est déjà à son comble. Les festivaliers dansent et chantent sur les chansons reggae. La soirée ne fait pourtant que commencer. Pendant deux jours, ça sera ça : des amateurs de musique rassemblés, prêts à profiter, décidés à partager de bons moments les uns avec les autres et à garder des souvenirs rythmés de sons et de plaisirs.

ALB sur scène au festival Art Sonic !

Personnellement, je ne connaissais pas le festival Art Sonic avant de me renseigner sur internet sur les festivals qui se déroulaient cet été. Belle surprise ! La programmation m’a vraiment étonnée. Elle était très riche ! D’abord, les artistes qui la compose ont déjà une belle renommée. Mais en plus, cette programmation offre la possibilité aux festivaliers de se satisfaire de tout style de musique : rock, reggae, électro, rap, ... Chacun peut y trouver son compte. C’est avec plaisir et curiosité qu’on peut donc découvrir certains artistes que l’on n’a pas toujours l’occasion d’écouter lorsqu’on se cantonne à un style de musique particulier.

Samedi après-midi, pour passer le temps, un stand de jeu de société est mis à disposition des festivaliers. Encore une fois, l’accueil est chaleureux. J’ai pu participer à un Times up géant ! Nous étions 3 équipes adverses. Les animateurs du jeu nous mettent en condition pour que nous jouions le jeu au maximum, et très vite, l’esprit de compétition entre nos 3 équipes s’installent, mais toujours dans la bonne humeur. Ceci dit, mauvaise idée d’avoir participé à ce jeu ... notre équipe a lamentablement perdu contre les deux autres qui été brillantes. Mauvaise joueuse, je passe cette épisode, mais soulignons tout de même le très bon moment passé avec d’autres festivaliers.

L’après-midi avance. Différent stand de nourriture, de souvenirs et d’objets en tout genre sont également mis à disposition des amateurs de musique. Pour moi, il est l’heure d’aller à l’espace presse voir Romain qui m’a accueilli la veille. Là, il me montre le lieu où la radio OüiFM enregistrera ses émissions et effectuera des live dans les heures qui suivent. Il me dit que je pourrai assister à l’enregistrement de l’interview d’Alb et que j’aurais aussi l’occasion de rencontrer les membres de la radio. Pour le moment, je file avec un blogueur accrédité pour l’observer interviewer le groupe « Two bunnies in Love ». Cela me permet de découvrir les lieux d’interview, ainsi que de voir comment cela se déroule car tout à l’heure, ce sera à mon tour ! Je pourrais rencontrer l’artiste Thylacine. Romain s’est au préalable arrangé pour que je puisse faire une entrevue avec un artiste que je souhaitais. Mais avant cela, je vais faire la connaissance de l’équipe OüiFM. Comme le reste des personnes rencontrées ici, ils sont accueillants et joviales. On échange sur tout et n’importe quoi : anecdotes d’interviews, histoires farfelues vécues par des membres de l’équipe de radio, mais également présentation des différents parcours de chacun. Voilà que j’ai l’occasion de parler avec des professionnels d’un métier qui m’a toujours intéressé ! Une bien belle occasion de prendre quelques informations et conseils sur le travail en radio. Autour de la table se tient aussi le second gagnant du pass VIP offert par la Smeno et Art Sonic. Il semble tout autant satisfait que moi de ces petits privilèges dont nous pouvons profiter. A 18h30, je rencontre Thylacine. J’ai découvert cet artiste électro seulement le week-end avant Art Sonic, au festival des Vieilles Charrues où il avait particulièrement retenu l’attention de mes oreilles. A l’image du festival Art Sonic, Thylacine se montre chaleureux et très sympathique dès le début de l’interview.

 

Two Bunnies In Love dans les loges VIP

 

 

INTERVIEW  DE THYLACINE

Estelle : J’ai vu que ton nom de scène était par rapport au nom que porte le loup de Tasmanie. Qu’est-ce qui te rapproche de cet animal ?

Thylacine : Je l’ai plus choisi par rapport au mot qu’à l’animal, mais les journalistes disent souvent que c’est mon côté sauvage qui m’en rapproche. Ils disent ça parce que j’ai un fonctionnement assez indépendant : j’ai fait mon propre label avec mon manager et on gère tout nous-même. On s’en sort bien comme ça. C’est ça le côté sauvage qui me rapproche du loup de Tasmanie. Mais j’ai choisi « Thylacine » puisque je n’avais pas envie de créer un blaze qui ne voulait rien dire. Quand je suis tombé sur ce mot un peu par hasard, je l’ai trouvé hyper beau et assez fort. Le fait que ce mot représente un animal disparu depuis le 20e siècle m’a beaucoup intéressé. Ça permet de ne pas oublier ce terme et de lui redonner une deuxième vie, une deuxième vie musicale.

E : Tu disais que tu avais fait ton propre label, mais ce n’est pas difficile de s’imposer à ton âge (ndlr : Thylacine a 22 ans) dans le monde de l’électro ? C’est un milieu de plus en plus proéminant depuis quelques temps.

T : Je ne trouve pas. On a jamais eu aucune difficulté, mais c’est surement parce qu’on a une manière de faire un peu particulière. Je ne suis pas du tout DJ, je ne suis pas dans l’univers des boites de nuit. Et puis, je dois beaucoup à Internet. Ça m’a beaucoup aidé au début : j’ai commencé avec rien, je n’avais aucun contact dans le monde de la musique. Je mettais mes morceaux sur SoundCloud, puis il y a eu des petits articles sur des sites internet, ensuite j’ai fait quelques concerts. Grâce à cela j’ai rencontré des gens et petit à petit ça a fait grossir mon projet. Je pense qu’actuellement on vit une étape qui est pas mal pour la musique dans le sens où des mecs comme moi qui font juste de la musique dans leur coin peuvent réussir à avancer et à se faire une place sans avoir de contact, sans être le fils de je sais pas qui.

E : Justement, le fait que tu ne partes de rien et que, presque tout à coup, tu te retrouves ici, à faire des festivals, comment tu le gères ? Tu t’attendais à ce succès ?

T : Ça fait 2 ans environ que je bosse tous les jours de l’année sur mon projet musical donc l’évolution est progressive. Pourtant je m’attendais pas à cela, pas à ce point-là. Mais c’est génial ! C’est génial de pouvoir faire des festivals un peu partout et d’aller jouer à l’étranger. C’est hyper fort. Ce qui m’arrive est une suite de beaucoup de choses et surtout de beaucoup de travail.

E : Parle-moi des concerts à l’étranger ! Où es-tu allé et comment c’était ?

T : C’est surtout cette année qu’on a beaucoup voyagé. J’ai fait une petite tournée au Vietnam, au Mexique, aux États-Unis, à la Réunion et on va à Montreal la semaine prochaine. C’est chouette ! C’est hyper agréable de voir que ce que tu fais peut être apprécié un peu partout, même dans des endroits éloignés.

E : C’est vrai que le Vietnam c’est assez étonnant !

T : Oui carrément ! C’est tombé un peu comme ça. Il y a une première date qui a été calé, puis on a contacté des gens et ça s’est enchainé. Aux États-Unis j’ai fait un concert au festival Southwest et après on a calé une date au Mexique. C’est génial de voyager avec sa musique.

E : Du coup, quel est le public que tu préfères ?

T : Honnêtement, le public que je préfère c’est quand même le public qui me suit depuis le début. En général je les retrouve à Paris. Mais j’aime aussi le public de province, particulièrement celui d’Angers puisque je viens d’Angers. C’est d’autant plus fort quand tu fais un concert pour des personnes qui te connaissent, qui connaissent tes morceaux et qui entendent les modifications que tu fais sur un morceau. Là, ce n’est pas faire la fête pour faire la fête. C’est quelque chose de plus fin, de plus poussé. Ce sont ce genre d’événements qui sont assez forts. Après tout dépend ! La semaine dernière j’étais aux Vieilles Charrues en Bretagne et vraiment c’était la folie furieuse. C’était un public plutôt chouette.

E : Est-ce qu’il y a un souvenir de festival qui t’a marqué en particulier ?

T : Du coup, le dernier en date c’est justement aux Vieilles Charrues. C’est la première fois que je fais monter du monde sur scène avec moi. J’ai eu l’idée 5 minutes avant de commencer à jouer. En fait, le concert était en plein jour. D’habitude, j’ai de la vidéo et des lumières qui m’accompagnent quand je joue. Mais là non. Je me suis retrouvé un peu à poil sur scène. Je n’ai vraiment pas l’habitude. Du coup je me sentais seul, du coup je me suis dit que j’allais faire monter des gens pour qu’on fasse un peu la fête tous ensemble !

E : Sincèrement, au niveau de l’ambiance, tu préfères les petits et moyens festivals comme ici à Art Sonic, ou tu t’éclates plus sur les gros festivals comme aux Vieilles Charrues ?

T : Ça dépend ... J’ai envie de te dire que ce n’est pas la taille qui compte ! Mais c’est vraiment ça. Des fois tu as des gros festivals où l’ambiance n’est pas vraiment là. Des fois tu fais des petits festivals où l’ambiance est hyper bien parce que tu es proche des gens. C’est chouette, ils sont hyper contents et moi aussi. Des fois il peut aussi y avoir des petits festivals où les personnes viennent là un peu par hasard et ils ne sont pas très réceptifs. Mais c’est rare. Honnêtement, les festivals que j’ai faits cet été étaient tous fous.

E : Mais avant toute cette folie, tu faisais quoi ? Tu fais quoi ? Tu étudiais ? Tu étudies ?

T : J’étais aux Beaux-Arts. J’ai arrêté il y a un an et demi environ. J’ai fait une transition en fait ... J’y allais de moins en moins, puis je me suis consacré entièrement à la musique. Et comme des fois je fais encore des expos et je présente des pièces en art, je n’ai pas de culpabilité à arrêter l’école sachant que je continue à pratiquer un peu à côté.

E : Donc là désormais tu te concentres qu’à la musique et tu ne vas faire que ça ?

T : Oui, je ne fais clairement que ça pendant quelques années.

E : Tu nous prépares un bel EP ?

T : En fait là je reviens de Russie. J’étais parti composer un album dans le transsibérien, la ligne de train la plus grande du monde. On est parti pendant plus de deux semaines avec une équipe vidéo pour filmer tout ça. J’aime beaucoup composer en voyage. Je n’arrive pas trop à composer en studio en étant enfermé. Du coup, là, c’était le cadre idéal. On s’est arrêté dans pas mal de villes pour observer, s’inspirer et rencontrer des musiciens, des réalisateurs, enfin, tout genre d’artistes traditionnels. Par exemple, j’ai passé  deux jours avec un shaman dans sa yourte... c’était complétement dingue ! J’ai pu enregistrer plein de matières sonores assez folles et je composais direct avec ça. En général on passait  deux ou trois  jours dans une ville puis on reprenait le train où je composais.

E : Tu passes donc d’un EP à un album ...

T : Oui. J’ai été très productif. C’est un peu le meilleur truc que j’ai fait de ma vie ! C’était très fort à vivre, du coup j’étais productif. Maintenant je suis en studio, en mixage. Tout ça devrait sortir en fin d’année avec du coup un documentaire.

 

Thylacine, interviewé par Estelle

 

Très satisfaite de l’échange que j’ai eu la chance d’avoir avec Thylacine, je retourne encore plus enjouée assister aux concerts. Samedi soir, au programme, du très lourd : en tête d’affiche, Shaka Ponk. Mais aussi JabberWocky, Gaspard Royant, Thylacine, The Hacker, ou encore, The Bloody Beetroots. Si je cite ce groupe électro en dernier, ce n’est pas pour rien. En effet, seul SBCR, le leader du groupe était présent mais ... Quelle prestance ! Quel showman ! Quelle folie ! Jamais je n’aurai cru pouvoir vivre ça à Briouze. De tous les concerts vécus en, et hors, festival, celui-ci rentre directement dans le top  3. SBCR a mis le feu, le public était déchaîné, tout était parfait !

Lors de mon week-end à Art Sonic, j’ai eu la chance d’avoir une présentation détaillée des backstage, c’est-à-dire de chaque pôle d’organisation d’Art Sonic. J’étais pleinement consciente qu’un festival devait être très difficile à organiser et que les équipes avaient beaucoup de mérite. Mais sans exagération, je reste bouche bée de mettre rendue compte que ce que j’imaginais est bien moins complexe que la réelle organisation. Absolument tout est millimétré. Se rendre en coulisse et le voir de ses propres yeux est le seul moyen de se rendre compte de la machine que représente un festival. Chaque camion garé, chaque fût de bière transporté, chaque gobelet sont rangés, triés, comptés. Certains éléments qu’on ne soupçonne pas avoir besoin de grand chose pour fonctionner, nécessitent en vérité beaucoup d’attention. Ici, c’est un engrenage géant. Mais ce fonctionnement ne pourrait absolument pas marcher sans les dizaines de dizaines de bénévoles dévoués. On le souligne souvent, mais une fois n’est pas de trop : les bénévoles sont le cœur des festivals ! Et Art Sonic ne passe pas à travers. Chacun d’entre eux est une pièce du puzzle géant dans lequel des milliers de festivaliers viennent passer un moment inoubliable. Le festival Art Sonic vient de fêter dignement ses 20 ans. Je peux dire, sans peur de me tromper, que de nombreux festivaliers ont trouvé cette édition était superbe ! Pour ma part, je reverrais très certainement Briouze l’an prochain. Je tiens à remercier sincèrement la Smeno et l’équipe Art Sonic pour le week-end qu’ils m’ont fait passer.

 

Estelle Lautrou