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Jeunes entrepreneurs : zoom sur l’appli gratuite Pumpkin

Pumkin est une jeune entreprise innovante issue de Lille, nous avons décidé d’aller leur poser nos questions.

L’application Pumpkin vous permet de rembourser n’importe qui de façon immédiate via votre mobile.

Qu’est ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette aventure ?

Je trouve que l’entrepreneuriat ressemble beaucoup aux sports extrêmes. On essaye, on tombe, on se relève, on apprend, on recommence. Il y a beaucoup d’échecs mais chaque petit pas est vécu comme une grande victoire.
C’est en montant des projets que j’ai découvert qu’on pouvait prendre du plaisir à travailler et même à travailler énormément. Avec l’entrepreneuriat il y a en plus une forte dose d’adrénaline qui peut rendre complètement addict !

Quels sont les moyens financiers nécessaires pour se lancer dans la création d’une entreprise comme la votre ?

Il n’y a pas de règle, certains commencent avec des millions, d’autres avec quelques centaines d’euros et ce n’est pas ça qui détermine la réussite. En revanche, ça peut conduire à l’échec si on ne fait pas attention. Il faut déterminer un budget de départ et voir à quel moment interviendront les premières rentrées d’argent pour savoir ce qu’il faut provisionner. Il ne faut pas oublier de provisionner de quoi vivre soi-même en tant qu’entrepreneur. Cela peut être le RSA, le chômage, des sous de côté. Pour ma part, ça a été une bourse délivrée par la région NPDC et qui m’a permis de vivre les neuf premiers mois.

N’y a-t-il pas trop contraintes en matière de démarches administratives lors du lancement de votre entreprise, surtout sur un secteur comme celui du paiement.

L’idée reçue comme quoi il y a beaucoup de démarches administratives pour créer une entreprise en France est fausse. Il n’y a rien de plus simple. Après, c’est vrai qu’en fonction des secteurs les contraintes peuvent être plus ou moins importantes : un diplôme, un certificat, des fonds propres, etc.
Pour notre part, nous avons réussi à contourner un certain nombre de contraintes réglementaires en s’associant avec les bons partenaires. Cela nous a permis un accès plus direct au marché et donc de gagner beaucoup de temps.

Qu’est ce qui vous a amené à vous intéresser au transfert d’argent ?

J’ai découvert le paiement mobile à l’étranger, j’étais à l’époque en stage chez Dailymotion à San Francisco en Californie. Et quand je suis rentré en France… plus rien. J’avais l’impression de revenir à la préhistoire et le pire c’est que personne autour de moi ne semblait comprendre ma frustration. Sauf Constantin, qui revenait d’Afrique et avait découvert là-bas, le paiement mobile ! (MPESA au Kenya). C’est là que nous avons commencé à bosser ensemble sur cette idée de lier sa carte bancaire à son smartphone.

Pourquoi avoir voulu simplifier le transfert d’argent ?

Au départ, pour moi et mes amis. J’en avais marre de gâcher les bons moments entre amis à cause d’histoires d’argent et de remboursements. Aussi marre d’être la personne qui avance pour les autres, pour simplifier, et de passer pour un radin à réclamer mes sous par la suite. J’avais déjà expérimenté du paiement mobile à l’étranger et je me suis dit : « S’ils ont pu le faire, on doit pouvoir le faire aussi ». Franchement, je n’y croyais pas trop au début, ça me paraissait trop complexe. Mais nous avons creusé pendant plusieurs mois et avons finalement trouvé une solution.

Proposer un service gratuit vous paraissait-il essentiel pour réussir ?

NON ! Pour réussir, il vaut mieux proposer un produit / service payant auprès de clients pour qui le prix paraît être le bon. Un service gratuit ne peut pas, par définition, être un business. On se raconte souvent des histoires, comme quoi il faut d’abord rassembler massivement des utilisateurs que l’on pourra, par la suite et avec un coup de baguette magique, « monétiser ».

Il faut être très prudent avec les produits et services gratuits. Cela ne peut fonctionner que si cette gratuité s’inscrit dans le cadre d’un business plan clairement établi et validé par toutes les parties prenantes.

Avec Pumpkin, nous avons rapidement réussi à convaincre des investisseurs que la gratuité du paiement entre particuliers était essentielle pour la réalisation de notre business plan. Ils nous ont fait confiance et continue aujourd'hui à croire en Pumpkin.

Au-delà d’une révolution technologique ce sont les habitudes de paiement qui devront changer pour que votre application fonctionne, comment comptez-vous y parvenir ?

C’est le plus gros challenge. Il faut convaincre les utilisateurs un par un. Lorsque l’application Pumpkin est utilisée par quelques membres d’un groupe (amis, famille, collègues, etc) tout le groupe fini par s’y mettre.

Nos utilisateurs sont nos meilleurs ambassadeurs. Lorsqu'ils sont convaincus par l’application, ils deviennent des militants du paiement mobile. J’ai vu des utilisateurs de l’application refuser catégoriquement de rembourser leurs amis autrement que par Pumpkin.

Si certaines personnes peuvent être réticentes au début, toutes (ou presque) sont convaincues dès la première utilisation.

Avec Pumpkin, il y a un effet « plus on l’utilise, plus on l’utilise ». Au fur et à mesure les usages se diversifient. On utilise plus seulement Pumpkin pour un remboursement occasionnel, on se retrouve à plus régulièrement avancer pour ses amis, proches, pour gagner du temps.

Beaucoup de grands acteurs du marché du paiement (Crédit Agricole) ont tenté l’expérience sans succès, alors c’est quoi l’atout en plus de Pumpkin ?

C’est peut être justement parce que nous ne sommes pas un acteur du paiement. Cela nous permet de voir les choses sous un autre angle. Notre approche est très orientée usage et utilisateur alors que traditionnellement la banque est orientée produit.
Le client final ne se rend pas compte que l’offre qu’on lui propose est obsolète, trop chère ou mal adaptée tant qu’aucun autre acteur ne vient la challenger. La banque se dit : « que pourrait-on faire / lancer pour gagner plus d’argent ? » et Pumpkin se dit « Que pourrait-on faire / lancer pour simplifier la vie des gens ? ». C’est ce simple point de départ qui à mon sens fait toute la différence.

L’un des principaux freins reste la sécurité des paiements en ligne, pensez-vous que cela peut repousser vos potentiels utilisateurs ?

La sécurité est au centre de toute activité de paiement et notre rôle est d’abord de construire une vraie forteresse et ensuite de bien communiquer sur notre sécurité de manière à rassurer nos utilisateurs.
Nous avons également un rôle à jouer dans l’éducation des usagers du paiement mobile et en ligne. Il y a beaucoup d’amalgames entre la sécurité, la confidentialité des données personnelles, la CIA ! Nous devons expliquer les risques réels et calmer les fantasmes. Surtout nous devons adopter une conduite exemplaire pour s’inscrire dans une génération d’entreprises responsables.

Ce genre d’application existe depuis un certain temps dans d’autres pays (USA, Kenya) pourquoi tant de retard en France ?

Il y a beaucoup de facteurs qui expliquent le retard français sur le paiement mobile. Dans les années 90 nous avions déjà du retard sur Internet à cause du minitel. En l’occurrence, nous avons une très bonne infrastructure bancaire. En France, on a assez facilement accès à son argent et on peut payer avec une CB presque n’importe où. C’est pour cela que les français ressentent moins l’urgence de passer au paiement mobile qui présente toutefois de nombreux avantages !

Pourquoi le nom Pumpkin ?

Il y a eu Blackberry, Apple, Orange,Leetchi et beaucoup d’autres. Les fruits ont la côte !

Pour vous le présent et le futur se jouent-ils sur mobile ?

Sans aucun doute. Il suffit de regarder les gens dans la rue, au travail, à la maison. Après, le mobile, ce n’est pas seulement le smartphone en soit. Etre mobile c’est être accessible partout, tout le temps, c’est être pratique, être disponible.

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Retrouvez notre précédent article sur Pumpkin.