Contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation : quelles différences ?
Contrat d’apprentissage ou contrat de professionnalisation ? Les deux permettent de se former tout en travaillant, mais les règles ne sont pas tout à fait les mêmes. Âge, salaire, fiscalité, aides, durée de la formation : plusieurs critères peuvent faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Et selon votre situation, le choix peut être assez évident… ou mériter un peu plus de réflexion. Alors, quelles sont vraiment les différences entre ces deux contrats ? Et surtout, lequel peut correspondre à votre projet ?
Sommaire
- Qu’est-ce que les deux contrats ont en commun ?
- Quel contrat selon votre âge ?
- Quelle rémunération selon le contrat choisi ?
- Quelles différences fiscale entre apprentissage et professionnalisation ?
- Quelle mutuelle pour les alternants ?
- Quelle durée et quel rythme de formation ?
- Quelles aides selon le contrat ?
- Quel contrat choisir selon votre situation ?
- Pour résumer…
Les points de concordance
Qu’est-ce que les deux contrats ont en commun ?
Commençons par ce qui rapproche le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Dans les deux cas, vous êtes salarié de l’entreprise. Vous avez donc un contrat de travail, une fiche de paie et des congés payés. Vous bénéficiez également d’une mutuelle d’entreprise. Il ne s’agit donc pas d’un stage, même si une partie de votre temps est consacrée à la formation. Le principe de l’alternance est également le même : vous partagez votre temps entre l’entreprise et votre organisme de formation. Le rythme dépend ensuite du contrat et de la formation suivie. La formation est financée par l’OPCO (opérateur de compétences) de la branche professionnelle. Son coût n’est donc pas directement à la charge de l’alternant.
Jusque-là, les deux contrats se ressemblent beaucoup. Les différences apparaissent surtout lorsqu’on regarde les les conditions d’accès, la rémunération, les aides ou encore le rythme de formation.
Quel contrat selon votre âge ?
L’âge est souvent le premier critère à regarder. Et sur ce point, apprentissage et professionnalisation ne jouent pas tout à fait dans la même catégorie. Voyons quelles tranches d'âge sont éligibles à chaque solution.
Le contrat d’apprentissage
Le contrat d’apprentissage est généralement accessible de 16 à 29 ans révolus. Il existe toutefois des exceptions permettant de signer un contrat d’apprentissage audelà de 29 ans. C’est notamment le cas de certaines personnes en situation de handicap, des sportifs de haut niveau ou encore des créateurs et repreneurs d’entreprise.
Le contrat de professionnalisation
Le contrat de professionnalisation ne prévoit pas de limite d’âge supérieure. Un adulte de 45 ans peut donc, par exemple, signer ce type de contrat. Il s’adresse notamment aux demandeurs d’emploi, aux salariés qui souhaitent évoluer professionnellement et à certains bénéficiaires d’aides comme le RSA, l’ASS ou l’AAH. En pratique, avant 30 ans, les deux contrats peuvent être envisageables. Après 30 ans, le contrat de professionnalisation devient généralement la solution à regarder en priorité, sauf si vous entrez dans une situation permettant de bénéficier d’une exception au contrat d’apprentissage.
Quelle rémunération selon le contrat choisi ?
C’est évidemment l’un des premiers sujets que l’on regarde lorsqu’on envisage une alternance : combien vais-je gagner ? La rémunération n’est pas calculée de la même manière pour un apprenti et pour une personne en contrat de professionnalisation.
La rémunération en contrat d’apprentissage
Pour un apprenti, le salaire dépend notamment de l’âge et de l’année du contrat. Pour une première année, les montants indiqués dans votre article sont les suivants :
- 16-17 ans : 27 % du SMIC
- 18-20 ans : 43 % du SMIC
- 21-25 ans : 53 % du SMIC
- 26 ans et plus : 100 % du SMIC minimum
Le pourcentage évolue donc notamment avec l’âge et l’avancement dans le contrat.
La rémunération en contrat de professionnalisation
En contrat de professionnalisation, la rémunération dépend elle aussi de l’âge, mais également du niveau de qualification préparé.
- Pour les moins de 26 ans, elle se situe entre 55 % et 80 % du SMIC, selon le niveau de qualification visé.
- À partir de 26 ans, elle correspond au minimum à 85 % du SMIC, ou au salaire minimum prévu par la convention collective si celui-ci est plus favorable.
Dans la pratique, les conventions collectives prévoient souvent 100 % du SMIC pour les adultes en reconversion : renseignez-vous auprès de votre branche avant de signer. Attention toutefois : ces montants sont des minima. Le salaire réellement versé peut être plus élevé, notamment selon le secteur d’activité, la convention collective et les conditions proposées par l’entreprise. Pour avoir une première estimation de votre rémunération selon votre situation, vous pouvez consulter ce simulateur de rémunération en alternance.
Parlons impôts...
Quelles différences fiscale entre apprentissage et professionnalisation ?
Le salaire n’est pas le seul élément à prendre en compte. La fiscalité peut également faire une différence. En contrat d’apprentissage, le salaire bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu dans la limite du SMIC annuel. Sur le plan des cotisations sociales, les règles
ont évolué depuis mars 2025 : seule la part de rémunération inférieure à 50 % du SMIC
reste exonérée de CSG, CRDS et cotisations salariales. Au-delà de ce seuil, les prélèvements classiques s'appliquent. En contrat de professionnalisation, le salaire est imposable et soumis aux cotisations comme celui de n'importe quel salarié. Vous pouvez retrouver davantage d’informations sur ce sujet dans notre article consacré à l’impôt des alternants.
Quelle mutuelle pour les alternants ?
Sur la mutuelle, les règles sont globalement les mêmes pour les deux contrats. Dans les deux cas, vous êtes salarié de l’entreprise. Votre employeur doit donc vous proposer une mutuelle collective et prendre en charge au moins 50 % de la cotisation. Votre âge, votre première année de contrat ou le montant de votre rémunération ne changent pas ce principe.
Il existe néanmoins des situations dans lesquelles vous pouvez demander une dispense. C’est notamment le cas lorsque le contrat dure moins de 12 mois, lorsque la cotisation représente plus de 10 % du salaire brut ou lorsque vous bénéficiez déjà d’une autre couverture, par exemple par l’intermédiaire de vos parents ou de la Complémentaire Santé Solidaire.
Dans ce cas, la demande de dispense doit être faite par écrit auprès de l’employeur. Reste une question : la mutuelle d’entreprise est-elle suffisante ? Cela dépend du niveau de garanties proposé. Les soins courants et l’hospitalisation sont généralement couverts, mais certains postes, comme l’optique, le dentaire ou les consultations psy, peuvent être moins bien remboursés. Si les garanties ne correspondent pas à vos besoins, une complémentaire individuelle jeune peut alors être envisagée.
La question du temps...
Quelle durée et quel rythme de formation ?
Autre différence à regarder : combien de temps allez-vous passer en formation et en entreprise ?
Le rythme en contrat d’apprentissage
Le contrat d’apprentissage peut durer de 6 mois à 3 ans, selon la formation préparée. Le rythme dépend ensuite du cursus et du CFA. Vous pouvez, par exemple, passer trois jours en entreprise et deux jours en formation chaque semaine. Certaines formations fonctionnent plutôt par semaines entières. Il n’y a donc pas un rythme unique : il dépend du parcours choisi.
Le rythme en contrat de professionnalisation
Le contrat de professionnalisation dure généralement de 6 à 24 mois, avec des possibilités allant jusqu’à 36 mois dans certains cas. La réglementation prévoit un minimum de 15 % du temps de travail consacré à la formation, avec au moins 150 heures. Cette proportion peut être plus importante selon la formation préparée. Dans les faits, le contrat de professionnalisation peut donc laisser davantage de temps à l’alternant pour travailler en entreprise. Pour une personne en reconversion qui souhaite rapidement mettre en pratique les compétences acquises, ce fonctionnement peut être intéressant. À l’inverse, une formation qui demande davantage de temps d’accompagnement peut conduire à privilégier un autre format.
Et le financement dans tout ça ?
Quelles aides selon le contrat ?
Les aides disponibles ne sont pas exactement les mêmes selon le contrat choisi. L’exemple le plus clair concerne le permis de conduire : l’aide de 500 euros est réservée aux apprentis majeurs. Elle n’est pas prévue pour les personnes en contrat de professionnalisation. D’autres aides peuvent en revanche concerner les deux dispositifs, sous réserve de remplir les conditions prévues
- Mobili-Jeune, pour les alternants de moins de 30 ans concernés
- la prime d’activité, sous conditions de ressources
- les APL, selon notamment le logement et la situation du bénéficiaire
Ce sont donc des éléments à prendre en compte au moment de comparer les deux contrats. Un salaire légèrement différent peut, par exemple, ne pas être le seul élément qui pèse sur votre budget.
Quel contrat choisir selon votre situation ?
Alors, apprentissage ou professionnalisation ? Tout dépend de votre point de départ.
- Vous avez moins de 26 ans et êtes en formation initiale ?
Le contrat d’apprentissage est souvent le plus adapté. Il peut notamment être intéressant pour son niveau de rémunération, son régime fiscal et l’aide au permis. - Vous avez entre 26 et 29 ans ?
Les deux dispositifs peuvent être envisagés. Il faut alors comparer la rémunération proposée dans votre secteur, mais aussi tenir compte de la fiscalité du contrat d’apprentissage. - Vous avez plus de 30 ans et souhaitez vous reconvertir ?
Le contrat de professionnalisation est généralement le dispositif à regarder en priorité, sauf si vous pouvez bénéficier d’une exception permettant d’accéder à l’apprentissage. - Vous êtes demandeur d’emploi depuis plus d’un an ?
Le contrat de professionnalisation peut également être une piste à étudier. Selon votre situation, certaines aides supplémentaires peuvent s’appliquer. L’idée n’est donc pas de chercher le « meilleur » contrat dans l’absolu, mais celui qui correspond le mieux à votre situation.
Pour résumer...
Pour faire votre choix, commencez par regarder votre âge et votre situation professionnelle. Avant 30 ans, les deux dispositifs peuvent être accessibles, même si l’apprentissage est souvent privilégié dans le cadre d’une formation initiale. Après 30 ans, le contrat de professionnalisation est généralement le dispositif à regarder en priorité, sauf dans les situations permettant de bénéficier d’une exception à la limite d’âge de l’apprentissage. Viennent ensuite le salaire, la fiscalité, les aides et le rythme de formation. Ce sont ces éléments, plus que le nom du contrat, qui permettront de savoir quelle formule est réellement la plus intéressante pour vous.
Avant de signer, prenez donc le temps de comparer les deux options sur des éléments concrets : votre rémunération, votre temps de formation, les aides auxquelles vous pouvez prétendre et les conditions proposées par l’entreprise.
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